
Le poète Refaat Alareer disait : « Parfois, une patrie devient un récit. Nous aimons le récit parce qu’il nous raconte la patrie, et nous aimons d’autant plus la patrie grâce au récit. » Nombreuses sont les tentatives de narrer l’histoire et l’avenir de la Palestine: le récit biblique, le récit sioniste, le récit colonial, le récit orientaliste, le récit décolonial, le récit indigène, le récit diasporique. Or d’autres récits sont possibles. Lesquels, et peut-on cultiver un amour, une appartenance qui n’efface pas l’autre? Peu envisagent l’art de la Palestine, sa littérature, sa musique, comme une expression qui dépasse la chronique, la narration de décennies de malheurs et de mémoires amputées. Pourtant, pratiquer l’art en Palestine, c’est aussi inventer le jour d’après. Aller là où le monde entier refuse d’aller, c’est-à-dire vers un avenir palestinien.
Née en 1976, YARA EL-GHADBAN est romancière et anthropologue d’origine palestinienne. Ses livres racontent la vie des hommes, des femmes et des enfants qui, face à l’histoire, à la violence et à l’exil, rêvent de demain. Elle est l’autrice de quatre romans aux éditions Mémoire d’encrier. Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles, essai co-signé avec Rodney Saint-Éloi, paraît en août 2026. Elle vit à Montréal.
