TROIS REGARDS SUR L’IMMIGRATION 2/3

Migrations et relations internationales. L’entrée des migrations dans les relations internationales

Par Catherine Wihtol de Wenden, politologue

Humanisant la mondialisation et contribuant au « rapprochement du monde dans le monde », les migrations, facteurs essentiels du développement humain, font aussi partie des globalisations contradictoires qui voient s’opposer objectifs politiques et impératifs économiques, sociaux, culturels et éthiques.

Un monde plus fluide : élites, migrants économiques, réfugiés, apatrides, les catégories se brouillent, plaidant pour un droit à la mobilité qui remet en question les notions de frontières, de souveraineté, de citoyenneté. De nombreux pays sont aujourd’hui pays d’accueil et de départ. De nouvelles situations apparaissent : déplacés environnementaux, migrants intérieurs et pendulaires, touristes, soulignant l’interdépendance d’un monde en mouvement.

Réel enjeu planétaire, les migrations transforment les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des États d’accueil, mettent en scène les États de départ, font surgir un individu acteur de sa vie, et demandent une diplomatie nouvelle faisant appel à une gouvernance mondiale et régionale des migrations.

Docteur en sciences politiques, Catherine Wihtol de Wenden est spécialiste des migrations internationales. Directrice de recherche au CNRS, elle codirige le programme
« Migrations et relations internationales » du Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI). Parmi ses derniers ouvrages, on peut citer : Atlas mondial des migrations (Paris, Autrement, 2e édition 2009), La Globalisation humaine (Paris, PUF, 2009) et La question migratoire au XXIe siècle. Migrants, réfugiés et relations internationales (Paris, Presses de Sciences-Po, 2010).

TROIS REGARDS SUR L’IMMIGRATION

Ancien, multiple et complexe, le phénomène migratoire se décline sur plusieurs échelles de compréhension. Échelle mondiale, d’abord : dans le monde globalisé qui est le nôtre, les migrations sont devenues un enjeu planétaire et bousculent les notions de frontières, de souveraineté et de citoyenneté. Échelle nationale ensuite, ces « flux » s’inscrivant dans une réalité politique, culturelle et sociale française, qu’ils contribuent à modifier. Echelle individuelle enfin, « humaine », car les flux dont on parle sont bien des flux de personnes, d’individus acteurs de leur vie, au-delà d’une perception monolithique de « l’immigré » et des politiques du chiffre.
Par ce cycle de conférences, nous avons voulu apporter des éclaircissements, enrichir la réflexion autour de ce très vaste et si sensible sujet qu’est aujourd’hui l’immigration. Et ce en proposant trois « regards », trois approches disciplinaires différentes : historique, géopolitique et philosophique.

En lien avec l’exposition « Nantais venus d’ailleurs, histoire des étrangers à Nantes au XXe siècle », présentée au musée d’Histoire de Nantes du 2 avril au 6 novembre 2011,
qui proposera de son côté :
• Jeudi 13 octobre à 18h30 : 100 000 habitants supplémentaires dans la métropole nantaise de 2030 : une richesse et des défis – Par Thierry Violland, Directeur de l’agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN) et coordinateur de la démarche participative Ma Ville Demain

• Jeudi 20 octobre à 18h30 : Discriminations ethniques et raciales en France : le rôle de l’origine dans les trajectoires sociales par Patrick Simon, socio-démographe
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Photo : DR