R. Stevie Moore + Wooden Wand

Entre 1968 et aujourd’hui, R. Stevie Moore publie très discrètement une moyenne de trois albums par an, tous (ou presque) enregistrés dans son home-studio sur des bandes analogiques qu’il triture, accélère et renverse. Fils de Bob Moore, musicien country ayant accompagné entre autres Bob Dylan et Elvis Presley, R. Stevie fait un rejet complet de l’héritage paternel et construit son œuvre en opposition à celui-ci. Il ne jure que par The Beatles, The Zombies, Syd Barrett, The Beach Boys et Frank Zappa. En 1976, il édite un premier disque sur une vraie structure, le merveilleux Phonography, qui déborde de hits décomplexés (I Wish I Could Sing, Goodbye Piano), d’une fraîcheur et d’une spontanéité qui feraient pâlir Stephen Pastel. Mélodiste incomparable, songwriter drôle et poétique, il traverse les années 80 sans trouver d’autre tribune que l’émission télévisée d’Uncle Floyd, quelques critiques dithyrambiques et le label français New Rose. On peut enfin espérer que le succès d’Ariel Pink profite à celui qu’il appelle « son papa », certainement l’un des génies les plus injustement méconnus de l’histoire contemporaine.

www.rsteviemoore.com


Wooden Wand est le nom derrière lequel se produit le musicien James Jackson Toth. Auteur d’un folk abrasif, souvent minimal, gorgé de blues et d’une simplicité désarmante, il erre dans un univers trouble.
C’est que Toth a du vécu, comme tous les musiciens froissés de l’Amérique profonde. C’est Michael Gira (Swans) qui en le signant sur son label l’a accompagné et l’a amené à dépasser une approche presque naïve, pour bâtir autour des fantômes de ses chansons tout un domaine à hanter, au délabrement approprié.
La grandeur des losers, peut-être serait-ce celui-là, le vrai grand mythe américain.

www.woodenwand.org

Photo : DR