Petits cours gratuits et détendus…

à l’usage des spectateurs du XXIe siècle

Julien Fournet – créateur de performances, d’installations, philosophe de formation et directeur de l’Amicale de production, invitée la saison dernière à présenter Germinal – vous propose de créer un petit laboratoire portatif sous forme de quatre rendez-vous.

4 questions, 4 rendez-vous d’une heure,
où vous apprendrez :
à faire vous-même un spectacle,
à pratiquer une forme de tourisme de proximité artistique,
à traquer les liens périlleux entre l’art, la morale et la politique,
à promouvoir la réintroduction des kolkhozes dans le spectacle vivant.

les rendez-vous passés

Spectateurs de tous les pays, unissez-vous
Comment fabrique-t-on un spectacle ? Ou la question de la production dans la création contemporaine
Pour ce premier rendez-vous Julien Fournet vous invite à participer à une partie de Jeu de l’oie du spectacle vivant créé en collaboration avec Antoine Defoort et Halory Goerger. Ce jeu vous donnera à voir les méthodes de production et les problèmes souvent épineux auxquels font face les équipes désireuses de « monter un spectacle », chacun étant amené à endosser le rôle d’une des figures clé : créateur, chargé de production ou agent.
À vous d’expérimenter les vicissitudes et atermoiements qui jalonnent le parcours d’une création. Si ce jeu peut prêter à sourire, il témoigne assez fidèlement du cheminement chaotique que représente la création d’un spectacle.
Tout en esquissant un tableau relativement parodique de la production contemporaine, Julien Fournet développera son intervention en se basant sur des récits documentaires, de vrais moments pédagogiques et une critique farouche et sans vergogne du fonctionnement de l’économie du spectacle vivant.

— mardi 21 octobre à 19h
— entrée libre

Petits cours à l’usage des spectateurs du XXIe siècle
Qu’est-ce qui se passe quand on voit un spectacle ? Ou la question de l’expérience esthétique
Il est toujours bon de s’amuser à décortiquer les expériences. La question deleuzienne : qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui s’effectue ici, qu’est-ce qui fonctionne en moi ou devant moi, qui se contre-effectue ou se sédimente ? Se déshabituer par la force de l’attention et de l’étude. Rien n’est plus puissant qu’une habitude.
En s’appuyant sur le projet Les Thermes qui prend la forme d’un spa dédié à la philosophie stoïcienne et invite le public à se plonger littéralement dans un bain de moralité, Julien Fournet tentera d’aborder l’expérience esthétique. « Entendu que j’ai le souci des interludes et de la forme au point où je me méfie de la voie de l’art engagé, cette pente glissante où le message peut l’emporter sur la qualité de l’expérience esthétique, malgré tout il semble que la situation dans laquelle nous sommes collectivement plongés appelle pour une fois d’autres actes, d’ordre plus politique. Je vais jusqu’à dire ici, que si nous l’osions, si nous ne trouvions pas cela un tantinet désuet, nous devrions caresser le projet de nous réunir dans une sorte d’école du spectateur qui pourrait commencer ici. Pourquoi pas. »

— Mardi 25 novembre à 19h
— entrée libre

La culture, c’est dangereux
Qu’est-ce qu’un événement populaire ? Ou la question de la fonction politique dans la culture
Comment procède-t-on pour obtenir un état de conscience modifiée collectif ? A quoi reconnaît-on un événement conservateur d’un événement populaire créateur ?
Un événement populaire, ça met le corps en jeu. En voilà une définition simple et radicale : c’est un événement qui agit sur le cadre proxémique de notre environnement. Mais d’abord, c’est quoi la proxémie ? C’est l’étude de la proximité, de la formation de nos bulles sociales cachées.
Pour ce faire, il faudrait étudier le parcours complexe de la notion de peuple au cours du 20e siècle… On tentera plutôt d’éclairer un petit chemin théorique vicinal en se promenant de l’école de Francfort à Félix Guattari, en passant par Georg Simmel, Raymond Williams et Jean Duvignaud, philosophes, sociologues, théoriciens, des frères méconnus d’une contre-théorie de la culture.
Pour étayer son propos, Julien Fournet partira d’exemples concrets présentés dans l’ouvrage « Exhibition des rouages et logistique de la monstration », notamment de la genèse d’un projet intitulé france distraction.

— Mardi 16 décembre à 19h
— entrée libre

Manifeste pour une nouvelle guilde des créateurs contemporains
Comment on s’organise ? ou la question de la coopération dans les arts vivants.
Dans le Lait comme dans l’Art, on ne mutualise pas n’importe comment.
Dans les années soixante-dix, les laitiers du Jura étaient en danger. Ils produisaient à perte et étaient poussés à rogner sur la qualité du nectar nourricier. Las d’être affaiblis et de voir cailler le fruit de leur labeur, ils se sont réunis, principalement pour s’entendre, pour tenter de réguler le système perverti, pour pouvoir vendre leur lait à des prix corrects (et pouvoir faire face ensemble à la distribution). Ils ont ainsi préservé une qualité de lait, une qualité des conditions de travail et une qualité du fromage correctement affiné en créant les coopératives laitières du Jura.
L’Amicale de production, avec d’autres, ont mis au point un sport collectif : une expérience d’anthropologie du travail en groupe qui poursuit quelques objectifs comme rapprocher les artistes de la maîtrise de leur chemin, inventer une économie artisanale, de prototype, rappeler que dans tous restaurants, il faut des cuisines.
— Mardi 13 janvier à 19h
— entrée libre

Diplômé en bricolage culturel, Julien Fournet monte et démonte les ressorts des productions artistiques. Il dirige très sérieusement l’Amicale de production. Coopérative de Projets vivants, l’Amicale développe une réflexion autour de la production de formes hybrides (du spectacle à la sucette géante). Créée en 2010 par Antoine Defoort, Julien Fournet et Halory Goerger, elle est basée à Lille et à Bruxelles.