Les rendez-vous de l’architecture

Le lieu unique, l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes, et la Maison régionale de l’architecture des Pays de la Loire s’associent autour d’un cycle de conférences accessible à tous : L’Architecture face aux enjeux du Climat.
Cette nouvelle saison est consacrée au climat, en écho à la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) aussi appelée « Paris 2015 », qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Le programme de ces conférences sera l’occasion d’interroger les nouvelles approches qu’architectes, urbanistes, ingénieurs et designers, inventent et déploient en réponse à la révolution climatique.
Concepteurs ou experts, chercheurs ou praticiens, engagés dans la vie publique ou grands témoins de l’époque, ils réfléchissent à de nouvelles procédures, de nouveaux produits, de nouveaux modes de faire ou encore de nouveaux modes d’usage, pour répondre à l’urgence d’abord, pour inventer un futur durable ensuite.

les rendez-vous passés

Introduction aux enjeux de la COP 21
Avec : Alain Lipietz

Alain Lipietz est diplômé de l’École polytechnique et diplômé d’études supérieures d’économie à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne en 1972. Ingénieur en chef des ponts et chaussées, il opte pour la recherche en devenant ingénieur économiste à l’Institut de recherche des transports (1971-1973), puis chercheur au Centre d’étude prospective d’économie mathématique appliquée à la planification et directeur de recherche au CNRS (1988-2002). Il enseigne l’économie à l’École nationale supérieure des beaux-arts (1975-1976) et au Centre d’études des programmes économiques (1979-1982), puis aux universités de Paris VII, VIII et XIII (1985-1992) Alain Lipietz est député européen depuis juin 1999 et membre de nombreuses commissions.
— Mardi 6 octobre 2015 à 19h, à l’Ensa -Nantes
— entrée libre

Smart City 2050 ou les cités bioniques
Avec : Duncan Lewis

Designer et architecte anglais, Duncan Lewis entame sa carrière au Japon puis s’installe en France en 1990. Il collabore successivement avec Jacques Hondelatte, Lacaton Vassal, Edouard François, puis crée l’agence Lewis-Potin-Lewis avant de fonder Scape Architecture à Bordeaux en 2000. S’appuyant sur la notion de contexte et de territoire, il puise aux sources des écosystèmes, du développement durable : son architecture se nourrit des éléments trouvés sur place, en tirant parti des contraintes environnementales, climatiques et budgétaires. Le projet de Pont autoroutier (1993, avec François Roche et Édouard François) ou bien encore l’Extension du groupe scolaire Buffon (Thiais, 1995, avec Édouard François) établissent une osmose avec la structure paysagère. De la même manière, le Lycée Jean Moulin (Revin, 2012) épouse le dénivelé des collines imbriquant architecture et paysage. La Bibliothèque Universitaire Florence Delay (Bayonne, 2008), située en plein cœur historique de la ville, s’enfonce quant à elle dans les fortifications érigées par Vauban. Duncan Lewis est l’auteur de plusieurs réalisations remarquées (Résidence Ama Lurra, Bayonne, 2010 ; Station de tramway Hérouville Saint-Clair, Caen, 2002 ; Jardins des Géants, Lille, 2008). Il développe parallèlement une activité d’enseignant dans des universités et écoles de Barcelone, Londres et Versailles. Il a reçu le Premier Prix à la biennale d’architecture de Sofia en 1997 et a été sélectionné en 2007 pour le prix Mies Van der Rohe pour sa réalisation d’un groupe scolaire, parc du Hell (Obernai).
— Mardi 10 novembre 2015 à 19h, à l’Ensa-Nantes
— entrée libre

Low cost housing
Avec : Carin Smuts

Carin Smuts a fondé CS Studio en 1989, au moment même où les dernières survivances de l’Apartheid sont enfin abolies. Spécialiste reconnue du low cost housing, elle travaille depuis cette date dans les townships et les villages ruraux d’Afrique du Sud.
Vingt ans plus tard, plus de cent projets auront été réalisés, à toutes les échelles et sur tout le territoire. Architecte profondément engagée, son agence est structurée pour couvrir un large champ d’actions : architecture, urbanisme, paysage mais aussi assistance à la maîtrise d’ouvrage, études de faisabilité et même fund raising auprès de donateurs.
En amont sur le terrain avec les protagonistes (élus, associations, habitants) qu’elle intègre au processus, Carin Smuts discute tous les projets avec eux, « parfois pendant plus de deux ans » dit-elle. Les chantiers fonctionnent ensuite en ateliers de formation ou de réinsertion, au prix d’une implication permanente de l’agence.
Une architecture frugale, réalisée presque sans aucun moyen, mais qui n’oublie jamais de faire intervenir les artistes des townships ou les peintres traditionnels ruraux.

— Mardi 1er décembre 2015 à 19h, à l’Ensa -Nantes
— entrée libre

Réchauffement et déglaciation
Avec : Denis Mercier

Spécialiste de la géomorphologie paraglaciaire, Denis Mercier est titulaire d’une thèse en géomorphologie sur « le ruissellement au Spitsberg », obtenue en 1998 à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. En 1999, il devient maître de conférences à l’Université Paris IVSorbonne avant d’obtenir, en 2006, sa mutation à l’Université de Nantes où il intègre le laboratoire Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique (LETG-Nantes-Géolittomer – CNRS UMR 6554 LETG). Au sein de ce laboratoire, Denis Mercier axe depuis plusieurs années ses travaux de recherche sur l’analyse des séquences de déglaciation dans les régions polaires (l’île de Spitsberg en Norvège) et subpolaires (Islande). Il étudie notamment les dynamiques sur les versants- et les littoraux dans le but de quantifier les flux sédimentaires dans les espaces polaires « sensibles » sous contrôle climatique (les séquences de réchauffement et de déglaciation).
Denis Mercier étudie également les risques de submersion marine sur le littoral atlantique et les conséquences de la tempête Xynthia.

— Mardi 23 février à 18h30
— entrée libre

Sauver la Terre
Avec : Agnès Sinaï

Agnès Sinaï est journaliste indépendante (Le Monde diplomatique, La Revue durable, Actuenvironnement), et auteure de divers ouvrages, dont Sauver la Terre, co-écrit avec Yves Cochet (Éd. Fayard, 2003) et Labo-Planète, avec Catherine Bourgain et Jacques Testart (Éd. 1001 Nuits, 2011). Membre du comité de rédaction de la revue « Entropia ». Enseigne à Sciences Po Paris où elle a initié, en 2010, un cours sur les politiques de décroissance.

— Mardi 22 mars à 18h30
— entrée libre

Impacts énergétiques et climatiques de la végétation en ville
Avec : Marjorie Musy

La place de la nature en ville est aujourd’hui requestionnée. La nature en ville répond à une demande des citoyens qui ont plaisir à vivre entourés de verdure, mais elle rend aussi un grand nombre de services écosystémiques : biodiversité, puits de carbone, régulation climatique… Cependant, même si l’enjeu est bien perçu comme d’importance, face à une densification nécessaire de villes, garantir une place significative pour la nature en ville n’est pas simple.
Ces dernières années, de nombreuses recherches ont tenté d’évaluer les potentiels réels de la végétation, en terme d’atténuation et adaptation climatique, sujets d’importance et d’actualité pour toutes les villes dont les nouveaux plans d’urbanisme sont en cours d’élaboration.
À partir des enjeux climatiques actuels des villes et de quelques explications pour bien comprendre les phénomènes physiques en jeu, l’effet des formes urbaines et des différentes composantes de la ville, les effets climatiques et énergétiques de différentes solutions pour réintroduire la végétation en ville seront exposés. Enfin, la discussion sera lancée sur les autres leviers d’adaptation climatique des villes.

Marjorie Musy est chercheur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes (ensa Nantes – CRENAU, UMR CNRS/MCC/ECN 1563) et Directrice adjointe de l’Institut de Recherche en Sciences et Techniques de la Ville (IRSTV – FR CNRS 2488).
Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, elle est Agrégée de génie civil, Docteur en génie civil et Habilitée à Diriger des Recherches.
Sa recherche se situe à l’intersection entre la physique du bâtiment (énergie) et la physique urbaine (climat urbain). Dans les dernières années Marjorie Musy a principalement travaillé sur la modélisation conjointe des microclimats urbains à l’échelle du quartier et de la performance énergétique des bâtiments afin de contribuer à la conception de formes urbaines mieux adaptées et à une meilleure compréhension des impacts des aménagements et de la végétation. Ces deux intérêts ont convergé sous la forme de l’outil de simulation SOLENE-microclimat, dont elle coordonne le développement depuis dix ans. Elle a coordonné le projet ANR VegDUD « Rôle du végétal dans le développement urbain durable ».

Ce rendez-vous remplace la conférence « Une architecture climatique sous les tropiques » initialement prévue.

— Mardi 26 avril à 18h30
— entrée libre