Dino Egger

Séquence “Nonsense et ironie”

Étude de Dino Egger d’Éric Chevillard
Conférence de Pierre Schoentjes : Poétique de l’ironie

Dino Egger, d’Eric Chevillard, Ed. Minuit, 2011

Le grand Dino Egger n’évoque rien pour personne. C’est parfaitement compréhensible, puisqu’il n’a jamais existé. A quelle époque Dino Egger s’est-il abstenu de naître ? Où trouver les témoins d’une chose qui ne s’est pas produite ? Il aurait pourtant accompli de grandes choses, s’il faut en croire Albert Moindre, homme modeste, sans éclat. Tandis que Dino Egger devait marquer le monde de son empreinte, ouvrir des perspectives nouvelles, inventer l’harmonie. Pourquoi n’a-t-il pas vu le jour, en dépit de ces excellentes dispositions ? Quelle eût été son oeuvre ?

Dans chacune de ses fantaisies littéraires, Eric Chevillard construit une mécanique absurde, virtuose et poétique. Jouant avec les codes, les spéculations et les paradoxes, il a l’art de rendre fantastique la réalité la plus banale tout en taquinant la métaphysique. Dès son premier roman Mourir m’enrhume, l’humour décapant de Chevillard est remarqué par la critique. Son écriture, jouant avec les codes et conventions narratives, le place dans la lignée du non-sens britannique et de Laurence Sterne, classique anglais du XVIIIe siècle dont le roman Tristram Shandy , à l’imagination narrative et verbale sans précédent, joue de tous les registres du comique pour faire de l’esprit de sérieux sa cible privilégiée.

Depuis Socrate jusqu’aux penseurs de la postmodernité, en passant par les romantiques allemands, l’ironie fascine créateurs et philosophes. L’ironie, verbale ou situationnelle, désigne un décalage entre le discours et la réalité, entre deux réalités, ou plus généralement entre deux perspectives, qui produit de l’incongruité. Partant de l’oeuvre de Chevillard, Pierre Schoentjes, cofondateur de la Revue critique de FIXXION contemporaine, se propose d’ouvrir le champ de l’Histoire de la pensée, y compris à partir d’images d’archives des débuts du dessin d’animation. Il rappelle les grandes traditions de l’ironie, les variations temporelles de ses conceptions (antique, romantique ou moderniste), nous éclaire sur les méthodes d’écriture ironique, nous ouvre une bibliothèque hétéroclite du genre.

Pierre Schoentjes
est professeur de littérature française à l’Université de Gand. Il a notamment publié Poétique de l’ironie, Le Seuil, Points/Essais, 2001 et Silhouettes de l’ironie, Droz, 2007. Il est cofondateur de la Revue critique de fixxion française contemporaine.

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • POUR ALLER PLUS LOIN • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Eric Chevillard sur le site des éditions de minuit >>> www.leseditionsdeminuit.com

Un texte numérique d’Eric Chevillard sur Publie.net, site français d’édition numérique >>> www.publie.net

Une vue d’ensemble de l’œuvre de Chevillard proposée par Even Doualin >>> www.eric-chevillard.net

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

> PROCHAIN COURS AVEC LA SÉQUENCE « L’ENCYCLOPÉDIE DES CONFLITS »
> Mercredi 30 novembre : Étude de Un dieu un animal de Jérôme Ferrari