Un dieu un animal

Séquence “L’encyclopédie des conflits”

Étude de Un dieu un animal de Jérôme Ferrari
Conférence de Dominique Pécaud

Un dieu un animal, de Jérôme Ferrari, Ed. Actes Sud (prix Landerneau 2009)

Un jeune homme a pris la décision de quitter son village natal pour aller, revêtu du treillis des mercenaires, à la rencontre du désert qu’investirent tant d’armées, sous des uniformes divers, après le 11 septembre 2001. De retour du checkpoint où la mort n’a pas voulu de lui, ce survivant dévasté est condamné à affronter parmi les siens une nouvelle forme d’exil. Il se met alors en demeure de retrouver la jeune fille de ses rêves d’adolescent. Un dieu un animal est un requiem pour une civilisation contemporaine médusée par les sombres mirages de la guerre comme par la violence inouïe de l’horreur économique, cérémonie cruelle et profane qu’illumine l’ardente invocation d’un salut.

“…L’écriture est, en soi, un acte absolument opposé au nihilisme comme le sont tous les actes de création. En écrivant Un dieu un animal, je ne m’étais pas donné pour tâche de convaincre les lecteurs que le monde était pourri et la vie grotesque… je voulais qu’il manifeste l’expérimentation d’une puissance vitale, ce qui n’a rien à voir avec le pessimisme ou l’optimisme. Mes personnages rencontrent quelque chose de puissant, peut-être de trop puissant pour eux.”
Jérôme Ferrari, pour le blog “L’or des livres”.

Partant de ce livre, Dominique Pécaud aborde les différents sens que recouvre la notion de conflit.

Dominique Pécaud, enseignant-chercheur à Polytech-Nantes est coordinateur du pôle Risques, vulnérabilité de l’IHT. Il a notamment publié Ingénieries et sciences humaines, la prévention des risques en dispute, Lavoisier, 2010.

« Pourquoi faut-il entrer en conflit avec la « gestion des conflits » ! Cette question est construite comme un appel, un appel à une mobilisation générale d’un nouveau genre. Elle veut étonner celui à qui il est destinée. L’appel propose de faire face à ce qui nous envahit, plus exactement de lutter contre ce qui nous a envahi, et qui pourtant se présente comme une promesse de paix, ou, pour reprendre les mots de MONTESQUIEU (Esprit des lois), comme un moyen de « polir » ou d’« adoucir » les « mœurs barbares » dont nous pensons qu’ils peuvent être à l’origine des conflits entre les hommes ou entre les Etats. Au XVIIIe siècle, il était admis que les pratiques de commerce étaient opposables à l’état de guerre, et que, si les hommes ou les Etats souhaitaient commercer, il leur fallait d’abord admettre l’obligation d’être ensemble et mettre fin à leurs querelles belliqueuses. Telle est la signification de la célèbre métaphore des arbres utilisée par KANT dans la cinquième proposition de son Idée d’une histoire universelle… »
(Dominique Pécaud)

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Photo : film Apocalypse Now