Littératures

Le Labo Utile « Littératures » accompagne cette saison quelques grandes lignes de la programmation du lieu unique. Les cycles se déroulent les mercredis de 18h30 à 20h, de décembre 2012 à mars 2013, hors vacances scolaires.

Cycle 1 : Les Figures du Monstre

Trois façons d’aborder les représentations de cette Figure au cinéma et en littérature, depuis les iconographies fictionnelles les plus populaires jusqu’à celles s’inspirant d’éléments du réel le plus proche.

Le monstre au cinéma, du muet à aujourd’hui
Dialogue à partir d’extraits de films avec Jean-Yves Bochet et Jean-Pierre Bouyxou
D’abord sous influence de l’expressionnisme allemand (Le Golem de G. Meyrick et P. Wegener, 1920 ; Nosferatu de Murnau, 1922 ; L’Homme qui rit de Paul Leni, 1928), le cinéma hollywoodien va reprendre et diffuser bien audelà de ses frontières une iconographie qui viendra, à son tour, nourrir la littérature populaire et la S-F. À partir de Freaks (1932), la firme américaine Universal connait son âge d’or avec des figures archétypales comme Dracula ou Frankenstein, personnages empruntés à des légendes européennes. Les années 50/60 voient les studios anglais de La Hammer diffuser des remakes flamboyants et baroques. Ces films cultes déploient divers aspects de la “Figure du monstre”. Parallèlement, des USA à l’Europe, de nouvelles productions artistiques bouleversent les repères de la jeunesse occidentale.

Cette séance se propose, à travers le commentaire d’extraits de films, de revoir quel est cet héritage anglo-saxon du XXè siècle jusqu’à aujourd’hui.

Jean-Yves Bochet est libraire, critique cinéma et littérature.
Jean-Pierre Bouyxou est scénariste, assistant réalisateur, collaborateur de nombreuses revues (Miroir du fantastique, Ciné-Revue, Actuel, Zoom, Vampirella, La Revue du cinéma, Penthouse, Newlook, Hara-Kiri, etc.), Il est l’auteur d’une trentaine de livres dont Frankenstein, la science-fiction au cinéma. Il vient de réaliser pour Paris-Match, Dans les coulisses de Cannes, 1001 couvertures de 1949 à nos jours (2012).
— mercredi 5 décembre 2012 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Le monstre dans les littératures de l’imaginaire
Dialogue entre Jean-Yves Bochet et Xavier Mauméjean
Comme l’affirme l’adage : Il n’y a pas d’oeil innocent. Le monstre est avant tout dans le regard qu’on porte sur lui.
Autrui est radicalement autre, étranger dans l’étrange. Il engendre peur ou dégoût, détourne ou fascine. Il renvoie l’homme à lui-même tels les miroirs déformants que l’on trouve dans les foires. Il peut rassurer sur la condition humaine ou, au contraire, la remettre en question. Sa différence tient à la fois à son statut d’objet et au regard instauré sur cette Figure. Ses représentations permettent de porter de multiples interprétations sur le contexte social, psychique ou symbolique dans lequel elles sont insérées par le biais de la fiction (littéraire, picturale ou cinématographique). Partant de ce constat et de quelques figures des littératures imaginaires parmi les plus connues du grand public, ce Labo Utile invite à réfléchir sur l’extrême altérité.

Jean-Yves Bochet est libraire, critique cinéma et littérature.
Xavier Mauméjean est diplômé en philosophie et science des religions, producteur de radio, graphiste, réalisateur d’art vidéo, traducteur, éditeur. Il est également un des écrivains de S-F les plus reconnus. Il s’intéresse à l’époque victorienne. Les Mémoires de l’Homme-Éléphant (Prix Gérardmer 2000 du roman fantastique, ré-écrit en 2007 sous le titre Ganesha, Éd. Mnémos), revisite le personnage du film Elephant Man de David Lynch. La Vénus anatomique (Éd. Mnémos, 2004) est une relecture étonnante du mythe de Frankenstein.
— mercredi 12 décembre 2012 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Le monstre comme limite
Dialogue entre Jean-Yves Bochet et Nicole Caligaris à l’occasion de la sortie de son prochain livre
Les hybrides de la mythologie grecque étaient les gardiens des limites entre les mondes. Au XIXe et début du XXe siècle, le monstre comme attraction de foire appartient distinctement à une espèce tout en étant un individu sans pareil. En Mélanésie, on représente les Maîtres du mal. Parmi les êtres de pierre fabuleux du jardin baroque de Bomarzo en Italie, le visiteur n’est pas le moins étrange. Devant un film comme Vase de noces de Thierry Zéno, notre dégoût délimite les contours des valeurs de notre propre culture. Du côté du fait divers, Issei Sagawa fait la démonstration de l’acte inadmissible perpétué sur son semblable. La Figure du monstre révèle l’existence d’une norme et de son écart. C’est la notion de limite que nous essaierons d’explorer à travers différentes représentations artistiques mettant en scène le réel.

Jean-Yves Bochet est libraire, critique cinéma et littérature.
Nicole Caligaris est écrivain. Dernier titre paru : Dans la nuit de samedi à dimanche (Éd. Verticales 2011). Elle est l’auteur de l’article « Issei Sagawa » du Dictionnaire des assassins dirigé par François Angelier et Stéphane Bou (Éd. Calmann-Levy, 2012).
Son prochain livre paraitra aux Éd. Verticales / Gallimard en janvier 2013.
— mercredi 19 décembre 2012 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Cycle 2 : Le mythe revisité

Les auteurs et traducteurs de Phèdre les oiseaux* et de Roméo et Juliette* sont invités à venir échanger à propos du passage de l’écriture littéraire à l’écriture dramaturgique.
Ou comment des perceptions du réel contemporain, le travail de la langue, assorties d’une lecture fine de textes produits en des époques anciennes peuvent interagir avec la scène pour réinterpréter le mythe et offrir une lecture scénique nouvelle de l’époque présente.

* Spectacles programmés au lieu unique les 9, 10 janvier 2013 à 20h30 et les 15, 16, 17 et 18 janvier 2013 à 20h.

Revisiter nos légendes / 1
Échange entre Frédéric Boyer et Florence Delay animé par Patrick Kechichian
Au-delà de personnages incarnant des Figures des passions humaines, les grands textes prennent valeur de mythes parce qu’ils s’inscrivent dans le langage de leur époque. Quand en 1677 il écrit Phèdre, pièce en cinq actes, Racine modernise la tragédie de Sénèque.
L’écrivain et traducteur Frédéric Boyer aime revisiter les figures mythiques ou sacrées. Dans cette expérience menée avec le metteur en scène Jean-Baptiste Sastre, les personnages parlent notre langage avec des lambeaux d’une langue ancienne et imaginaire. Dans le parti pris de mise en scène, l’histoire de Phèdre devient celle des ressorts secrets de l’exclusion et de la condamnation sans objet. Le Labo Utile revient, avec l’auteur de la pièce, sur l’acte de retraduction, occasion de mesurer ce que le temps fait à un texte, comment la langue écrite et l’écriture scénique interagissent.
Florence Delay a interprété le rôle de Jeanne d’Arc dans le film de Robert Bresson. Parallèlement à son oeuvre romanesque, elle s’est, depuis toujours, associée à des metteurs en scène de théâtre et réalisateurs de cinéma. Elle a composé avec Jacques Roubaud un cycle de dix pièces, Graal Théâtre, à partir des légendes arthuriennes.
Les deux écrivains-traducteurs confrontent leurs expériences dans ce passage de l’écriture littéraire à l’écriture dramatique.

L’écrivain Frédéric Boyer, éditeur, traducteur, obtient en 1993, le Prix du livre Inter. Il a publié chez P.O.L. de nouvelles traductions de textes religieux (Les Aveux, 2008) et de Shakespeare (La tragédie du roi Richard II mis en scène par J.-B. Sastre). En 2012, il publie un roman, Personne ne meurt jamais ; un essai, Sexy Lamb ; un texte de théâtre, Phèdre les oiseaux. Frederic Boyer poursuit son travail sur les mythologies. En janvier 2012 il publie chez POL : Rappeler Roland. Nouvelle traduction de La chanson de Roland, accompagnée d’un essai consacré au thème de la Bataille et précédée d’un monologue sur Roland.
Sociétaire de l’Académie Française depuis 2000, Florence Delay a enseigné la littérature comparée à La Sorbonne nouvelle. Écrivain, essayiste et traductrice de grands écrivains espagnols, elle a obtenu de nombreux prix littéraires pour son oeuvre personnelle : prix Fémina en 1983 pour Riche et légère ; prix François Mauriac en 1990 pour Etxemendi ; Grand prix du roman de la Ville de Paris en 1999 et prix de l’essai de l’Académie française pour Dit Nerval.
Patrick Kechichian a longtemps été critique littéraire au Monde des Livres. Il est l’auteur de plusieurs livres publiés aux Éd. Seuil.
— mercredi 9 janvier 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Revisiter nos légendes / 2
Rencontre avec Pascal Collin
La langue anglaise du théâtre Elisabéthain avait ses codes, liés à sa propre histoire. À travers cette nouvelle traduction plus serrée, nerveuse, sont réactualisées les éternelles luttes de clans et de territoires. Si le style d’une écriture se mesure à la qualité d’agencement de mots porteurs d’une profondeur de sens, celle de l’écriture dramaturgique consiste à ajouter au sens du texte différents langages venant l’augmenter par des approches sensibles. Matériaux, couleurs, costumes, dispositions scénographiques font appel à d’autres langages porteurs d’imaginaire ou de mémoire ancienne.
Pour le lieu unique, Pascal Collin revient sur sa traduction de Roméo et Juliette publiée cette année aux Éd. Théâtrales.
Pascal Collin est traducteur.
— mercredi 16 janvier 2013 de 18h15 à 19h45
(Horaire permettant aux personnes désirant se rendre au spectacle programmé à 20h d’assister à ce Labo Utile)
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Cycle 3 : Rendez-vous autour des nouvelles écritures

Le Minimalisme en littérature
Par Bruno Blanckeman, critique universitaire (La Sorbonne nouvelle)
Dans l’histoire récente des arts, le minimalisme (en musique) et le style minimal (en design ou arts plastiques) ne sont pas forcément en concordance de temps et de formes avec le mouvement littéraire dit Minimaliste.
« Le rapport à la langue écrite, à la syntaxe, à la matière phrastique est tout sauf minimaliste — de même celui induit, au sens possible de l’histoire racontée et à sa symbolique, dont le récit se plaît à multiplier les lignes d’acception.
La fiction minimaliste des « auteurs Minuit » des années 1980 se distinguerait ainsi du style minimal propre à certaines écritures blanches. À la différence de ces dernières, le parti-pris minimaliste vise moins à déconcerter le littéraire pour exprimer un réel en souffrance qu’à en contester les figures pour ne retenir, de la réalité éprouvée, que “l’infime significatif”. »
Bruno Blanckeman et Marc Dambre, Les romanciers minimalistes, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2012.
Bruno Blanckeman nous propose quelques repères propres aux fictions françaises produites ces dernières années.

Bruno Blanckeman, spécialiste des écritures contemporaines, a été conseiller littéraire au lieu unique de 2003 à 2009. Il a dirigé de nombreux colloques et publications universitaires. Il est l’auteur de plusieurs livres de vulgarisation consacrés aux écrivains d’aujourd’hui aux Presses Universitaires de France et chez d’autres éditeurs.
— mercredi 23 janvier 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Écritures & numérique
Échange entre Anne Savelli et Yves Pagès animé par Guénael Boutouillet.
Un milliard d’utilisateurs disposent de l’usage du « numérique », sans doute plus. D’un simple outil de communication, le Web et les « réseaux sociaux » sont devenus un nouvel «espace», élargi et volubile. Ces technologies génèrent moultes débats contradictoires mettant en avant moultes fractures. Ce rendez-vous du Labo Utile propose un modeste témoignage de différentes pratiques. Le numérique modifie le rapport de l’écrivain au mot, à l’archive, à l’image, à sa perception du réel, de la ville et de nos sociétés. Il renouvelle ses contraintes et pratiques (correspondance, écriture collaborative, nouvelles fictions). Il ouvre l’atelier de l’artiste sur le monde. La réalité entre dans l’atelier (en temps réel). Jeux de contraintes et formes d’écriture se déplacent. La critique littéraire, l’édition, la diffusion des projets d’écriture investissent ce nouvel espace. Nos trois invités viennent modestement témoigner de ce que leur pratique du «cyberespace» et des «réseaux sociaux» fait à la littérature, mais aussi de ce que la littérature peut faire au numérique.

L’écrivain Yves Pagès est éditeur chez Gallimard et s’est doté d’un site dédié à l’archive. il viendra témoigner des différentes pratiques des auteurs dont il publie les livres (teasers, performances, écriture en ligne…)
Anne Savelli est écrivain. Sur son site, son livre Franck (Éd. Stock 2010) fait l’objet de plusieurs déclinaisons uniquement destinées au web.
Guénael Boutouillet, écrivain en ligne, critique littéraire, participe et crée des sites dédiés à l’expérimentation collaborative.
— mercredi 6 février 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Cycle 4 : La modernité

Ce cycle propose des lectures/performances, par des auteurs, comédiens ou musiciens qui interprètent des textes explorant le rapport réel/imaginaire, parus en 2012.
Particulièrement sensibles aux complexités en jeu dans le monde, certains romanciers posent la question du « comment faire ? », jouent avec le lecteur. Ils traduisent avec distance, émotion ou humour, le regard qu’ils portent sur la société. Une vision optimiste de la richesse et de la diversité du langage contemporain, du renouvellement de la forme du roman, de la place du personnage.

Inquiétante étrangeté
Lecture à trois voix de Herbes et Golem de Manuela Draeger
[Création pour le lieu unique]
Avec Onze rêves de suie (Éd. de l’Olivier, 2010), roman pour adultes dont les héros sont des enfants, de très jeunes gens et une éléphante centenaire… et Herbes et Golem (Éd. de l’Olivier, 2012), Manuela Draeger développe un travail sur le vocabulaire et la langue française. Nous avons souhaité en faire entendre toute l’oralité et la poétique.
Le livre publié cette année est construit comme un triptyque, s’ouvrant et se fermant sur de longues listes d’herbes imaginaires tandis qu’un texte central raconte une histoire de golem qui joue tout autant avec l’imaginaire Praguois qu’avec le film de Paul Wegener, le Golem, film évoqué lors de la première séance de cette saison. Un glossaire inventif, inattendu qui offre aux personnages volodiniens des noms de spams fictionnels et hautement poétiques.

Manuela Draeger est une personne mystérieuse. Elle a publié 10 livres pour adolescents aux Éd. L’école des loisirs. Sa constance dans la discrétion laisse pantois et respectueux. Ce qu’elle accepte de dévoiler, c’est qu’elle n’est pas seule. Avec elle, au sein du mouvement littéraire du postexotisme, coexistent et travaillent (entre autres) : Lutz Bassmann (Éd. Verdier), Elli Kronauer (Éd. l’école des loisirs) et Antoine Volodine (Éd. Denoël, Minuit, Gallimard et Le Seuil).
Onze rêves de suie et Herbes et golem de Manuela Draeger parus aux Ed. de l’Olivier.

— mercredi 13 février 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Signes des temps
Conférence-performance / vidéo d’Emmanuelle Pireyre, écrivain ponctuée d’interventions électro-pop du musicien Toog
Emmanuelle Pireyre proposera un objet scénique écrit en déclinaison de son roman publié en 2012, illustré de courts sketches vidéo et ponctué de bribes électro-pop interprétées par le musicien Toog. Féerie générale (Éd. de l’Olivier, 2012) s’organise autour de sept saynètes répondant chacune à une question du type « Comment faire le lit de l’homme non schizoïde et non aliéné ? ». Dans un habile mélange de fiction et de réalité, ce livre associe légèreté, imagination, rêve, poésie et humour. À la façon d’un Zadig portant un regard étonné sur des personnages et petits faits de société, Emmanuelle Pireyre soulève avec style et vivacité les contradictions du monde contemporain.
Une bouffée d’air frais dans le paysage de la modernité.

Emmanuelle Pireyre a publié de courts textes aux titres évocateurs et curieux avant de se singulariser sur la scène littéraire française avec Comment faire disparaître la terre ? (Éd. Seuil, 2006) et diverses performances. La jeune auteur, prenant en compte les leçons de R. Barthes, propose un renouvellement moderne de la forme du roman philosophique.
Emmanuelle Pireyre, Prix Médicis 2012
— mercredi 20 février 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Que dit le monde ?
Lecture de Peste et Choléra, de Patrick Deville (Prix Fémina et Prix du roman Fnac 2012 paru aux Éd. du Seuil) par Yvon Lapous, comédien.
Peste & Choléra (Prix Fnac et Femina 2012) s’inscrit dans la suite de la trilogie Pura Vida (2004), Equatoria (2006) et Kampuchéa (2011) éditée par la collection Fiction & Cie. Chaque livre est l’occasion de mettre en scène un nouveau personnage haut en couleurs et d’explorer l’histoire d’une partie du monde. Peste & Choléra, véritable épopée, met en scène la vie mouvementée de l’aventurier Alexandre Yersin, jeune scientifique ayant constitué la première équipe de l’Institut Pasteur en 1887 et dont l’écrivain a compulsé les notes et correspondances aux archives. Le personnage quitte très vite les laboratoires de recherche pour se faire explorateur en Asie, loin du brouhaha des guerres. Découvreur à Hong Kong du bacille de la peste, il s’installe en Indochine et multiplie ses observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina…
Ultime curiosité, après sa disparition on lui découvrira même une passion tardive mais profonde pour la littérature…
Véritable carte postale positiviste à destination de notre modernité désenchantée, Peste & Choléra affirme le talent littéraire de cette écriture, sa mécanique de précision et sa musique singulière.

Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville dirige la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire et la revue du même nom. D’abord édité chez Minuit, il poursuit son projet littéraire aux Éd. Seuil. Son oeuvre est aujourd’hui traduite en dix langues.
Yvon Lapous, comédien et metteur en scène du Théâtre du Loup, est un grand lecteur des textes de théâtre contemporains et s’intéresse aussi aux romans d’aujourd’hui dont il sait restituer avec simplicité les atmosphères.
— mercredi 13 mars 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Cycle 5 : Écritures intemporelles

Promenade littéraire 1
Lectures et échanges de « Grands Lecteurs » autour d’un choix de textes de Virginia Woolf, Hélène Bessette et Julien Gracq
Avec Cathie Barreau, écrivain et Jean-Yves Cotté, traducteur
Lectures des textes : Afra Waldhör, comédienne.

La tour LU a attiré l’an dernier plus de cent mille visiteurs.
Que viennent-ils chercher ici ?
À leur intention ce rendez-vous propose une promenade dans la symbolique de La tour et du phare, cette tour augmentée d’une source de lumière éclairant les ténèbres. Car la tour désigne aussi la bibliothèque, ce haut lieu de la connaissance.
Ses archétypes sont présents dans le paysage littéraire, objets de métaphores qui diffèrent d’un écrivain à l’autre.
À travers un choix de lectures de trois visions romanesques et sensibles de la tour et du phare (textes allant de Virginia Woolf à Julien Gracq en passant par Hélène Bessette), des écrivains contemporains dialoguent sur la question de la modernité de l’écriture, qui n’est pas l’immédiat de l’actualité mais se révèle dans le temps. Qu’est ce qui fait qu’un livre trouve un large public même s’il est à contre temps de son époque ? Pourquoi certains textes « tiennent » longtemps, et d’autres pas ?

Jean-Yves Cotté est né en 1961. Après des études de littérature britannique, il enseigne plusieurs années avant de se consacrer à la traduction (Jane Austen, Portrait de l’artiste en jeune homme de James Joyce, et en février 2013 : Une pièce à soi nouvelle traduction de textes de Virginia Woolf mettant à nu les enjeux les plus complexes et les plus actuels, où on croisera Marcel Proust aussi bien que Shakespeare et Jane Austen.
Cathie Barreau est l’auteur d’ouvrages dont Trois jardins, Journal secret de Natalia Gontcharova, Visites aux vivants, édités par Laurence Teper. Vient de paraître Refuge sacré aux Ed. Publiepapier.fr (maison d’édition, livre-papier+numérique). Ses textes figurent dans plusieurs revues. Elle participe à l’aventure du site remue.net. Elle est aujourd’hui en charge du projet de mise en place de La Maison Julien Gracq à Saint-Florent-le-Vieil. Elle mène depuis longtemps son œuvre d’écrivain en parallèle d’une forte implication dans le domaine des ateliers d’écriture (à la Scène nationale de La Roche-sur-Yon, elle a fondé et animé pendant 10 ans La Maison Gueffier lieu de résidence d’écrivains).
La comédienne Afra Waldhör a joué sous la direction de metteurs en scène comme Frédéric bélier Garcia, Moshé Leiser, Charles Berling, Claudia Stavisky, Jan Lauwers. À l’opéra elle a notamment joué dans Le Nez de Chostakovich présenté à Nantes en 2004 avec le Chœur Angers/Nantes Opéra.
En partenariat avec La Maison Julien Gracq
— mercredi 20 mars 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Promenade littéraire 2
Lecture par Yaël Pachet et la comédienne Afra Waldhör
de Ce que je n’entends pas ,de Yaël Pachet. Editions Aden, sept.2012.
CRÉATION

Accompagnées au phonographe par David Silvestre, collectionneur de 78 tours et DJ.
Suivie d’une « boum » au phonographe revisitant les productions chantées de 1900 à 1940.

Ce que je n’entends pas est de loin le livre le plus abouti de Yaël Pachet.
Son métier lui a enseigné à travailler en finesse l’écoute musicale et la voix.
Ce texte est le résultat d’une longue recherche sur l’histoire du son l’ayant conduite à rencontrer des personnages férus de phonographes : Charles Cros, Scott de Martinville, Edison…
La réécoute de sa discothèque lyrique lui a inspiré un journal dont elle se départira finalement pour élaborer ce livre d’une grande profondeur sensible.
La phrase, de facture classique mais évidente, propose au lecteur de revisiter notre culture. L’écoute de cet héritage musical provoque chez l’écrivain des réminiscences littéraires.
La lecture est ponctuée d’extraits de morceaux lyriques sous format 78 tours préparés par David Silvestre.
La soirée se poursuivra avec un mix au phono de chansons de la première partie du XXe siècle (vinyles 78 tours datant de la période 1900 à 1940).
Un rendez-vous pour se détendre et apprécier la diversité des expressions artistiques dans le temps.

Yaël Pachet est écrivain et choriste à Angers Nantes Opéra dirigé par Jean-Paul Davois. Ce roman est son quatrième livre publié.
La comédienne Afra Waldhör a joué sous la direction de metteurs en scène comme Frédéric bélier Garcia, Moshé Leiser, Charles Berling, Claudia Stavisky, Jan Lauwers. À l’opéra elle a notamment joué dans Le Nez de Chostakovich présenté à Nantes en 2004 avec le Chœur Angers/Nantes Opéra.
David Silvestre travaille au Théâtre Graslin de Nantes. Collectionneur de 78 tours, grand connaisseur de la chanson française et de l’histoire locale, il organise régulièrement des animations au phonographe dont il est un grand spécialiste.
— mercredi 27 mars 2013 à 18h30
— entrée libre dans la limite des places disponibles

Carte blanche à la librairie Vent d’Ouest : Somaland, ovni littéraire
Dialogue avec Éric Chauvier
« Cette phrase « ensemble, relativisons nos maux », j’aurais aimé en être l’auteur (grave). Cette phrase, malheureusement, n’est pas de moi, elle est d’un homme, oh (effrayé et affecté) un homme tout simple !… »
Un expert est envoyé sur le site d’une usine utilisant un solvant hautement toxique, avec pour mission de dresser un état des lieux concernant l’implication de la population dans la prévention des risques industriels. Cette usine répand dans l’atmosphère une odeur nauséabonde. Dans le dialogue du chercheur avec les responsables, décideurs, et la population d’une des cités située en zone dite « sensible », l’un de ses habitants a été employé en tant qu’intérimaire sur le site. Il est persuadé que le solvant dégagé par l’usine a altéré la physiologie et le psychisme de son ex-petite amie, provoquant la rupture de leur couple. Notre expert consigne les failles et dysfonctionnements des différents propos. Se pose à lui la question de comment consigner ces différents langages. Quelles relations psychologiques et politiques la vérité entretient-elle avec la liberté humaine ?
Après des études de philosophie à Bordeaux, vérifiant que la crise de cette discipline est, comme l’a avancé Wittgenstein, un problème de langage, Éric Chauvier se tourne vers l’anthropologie, parallèlement à son statut de vacataire dans l’enseignement. Ses missions l’amènent à enquêter sur les populations résidant près des sites SEVESO. Somaland est son 6e livre édité en 2012 chez Allia.
— Initialement prévue le mercredi 30 janvier, cette carte blanche est reportée au jeudi 6 juin 2013 à 18h30.
— entrée libre dans la limite des places disponibles