Les Demoiselles d’Afrique

Salia Sanou avec et de Ange Aoussou-Dettmann / Agathe Djokam Tamo Aicha Kaboré / Kadidja Tiemanta / Carmelita Siwa / Germaine Sikota

Originaire du Burkina Faso, Salia Sanou tisse des liens avec la France depuis plus de 25 ans. Danseur pour Mathilde Monnier au début des années 90, il rencontre Seydou Boro avec lequel il initie en 1997 les Rencontres chorégraphiques de Ouagadougou, grand rendez-vous de la création chorégraphique en Afrique. En conviant cinq femmes chorégraphes à créer chacune une pièce, Salia Sanou donne la parole à la jeune génération issue du continent africain. En résulte un manifeste artistique sur la place des femmes en Afrique au 21e siècle. Toutes mènent le même combat avec détermination, avec la danse comme outil d’émancipation.

Pouvez-vous revenir sur la genèse des Demoiselles d’Afrique ?

J’ai eu l’idée de ce projet en 2018 pendant la dernière édition du festival Dialogues de corps à Ouagadougou. Pour cette édition je souhaitais proposer une programmation paritaire et rendre visibles des artistes femmes originaires de plusieurs pays d’Afrique qui, pour certaines, n’avaient jamais présenté leur travail devant un large public. Suite au festival, j’ai eu envie de prolonger cet accompagnement avec certaines d’entre elles en réunissant leurs pièces dans un programme collectif afin qu’elles aient la possibilité de développer et de partager ce travail.

Selon vous, pourquoi est-il fondamental de donner une place particulière à des artistes femmes ?

Je voyage énormément en Afrique et je vois à quel point il est difficile pour les jeunes femmes de s’engager professionnellement dans le milieu de la danse, avec les préjugés, le poids de la famille et de la société. C’est vraiment paradoxal, car en Afrique la danse est populaire, elle est partout. Ce sont des femmes qui résistent contre le poids de la tradition et c’était pour moi important de leur donner une visibilité.

Comment avez-vous rassemblé ces artistes dans ce programme ?

Elles font partie de la jeune garde de la création contemporaine en Afrique. Elles viennent de Côte d’Ivoire (Ange Aoussou-Dettmann) du Burkina Faso (Aicha Kaboré), du Mali (Kadidja Tiemanta), du Bénin (Carmelita Siwa), du Cameroun (Agathe Djokam Tamo) et du Togo (Germaine Sikota). Elles ont en commun l’engagement et la détermination, elles mènent le même combat, celui d’une danse comme outil d’émancipation. D’une certaine manière, leurs engagements chorégraphiques questionnent leur place de femme dans la société africaine. Une fois réunies, ces pièces forment un manifeste artistique, le portrait d’une génération.

vous aimerez peut-être...