La terre n’est pas une marchandise. Une leçon venue d’Afrique (et d’ailleurs)

Danouta Liberski-Bagnoud

Suite aux mesures annoncées par l’État, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19, nous sommes au regret de vous informer que le lieu unique est fermé au public jusqu’à nouvel ordre.Nous sommes aussi au regret de vous informer que toutes les activités du labo utile (débats d’idées, conférences, projections…) prévues jusqu’au 15 avril sont annulées.

Sous la pression d’une privatisation sans précédent des terres arables de la planète, on assiste au forçage accéléré du droit de propriété dans des régions du globe où les communautés humaines ont une tout autre conception du rapport des hommes au sol et aux choses. Le continent africain subit ce double phénomène de plein fouet. Il est la première cible des acquisitions de terre à grande échelle par des opérateurs étrangers, et le terrain privilégié des experts internationaux pour « fabriquer de la propriété » par la technique du cadastre. Tentatives régulièrement renouvelées, car elles se heurtent à d’innombrables obstacles.

Alors que ne cesse de croître l’inquiétude que suscite l’étrange liquidation du monde habitable par une économie capitaliste férocement extractive, et alors qu’une nouvelle critique de l’idéologie propriétaire est en train d’émerger, il serait bien inconséquent de ne pas tenir compte de ces systèmes de pensée qui rappellent la relation d’entre appartenance de l’homme et de la Terre, et de laisser s’opérer leur éviction au nom de cette même rationalité économique.