La Chasse au Snark

Séquence “Nonsense et ironie”

Étude de La Chasse au Snark de Lewis Carroll rencontre avec l’écrivain

Jacques Roubaud, traducteur de ce texte animée par Jean-François Puff, enseignant à l’Université de St Etienne, auteur d’une biographie de Roubaud.

La Chasse au Snark de Lewis Carroll, 1876, réédition 2010, Gallimard, Paris/ mars 2010, collection Folio, n° 5045, 132 p., édition bilingue, traduit de l’anglais par Jacques Roubaud.

Traduire ici n’est pas trahir. En poète/mathématicien, adepte des écritures à contraintes, Jacques Roubaud s’attache véritablement au sens du texte. Cette édition, très précieuse, est complétée d’une analyse linguistique de onze mots-valises par Bernard Cerquiglini. Il existe plusieurs Roubaud. Dans son monde, tout renvoie à tout, ce qui ne signifie pas que rien n’est ordonné, et que tout se vaut. La poésie est au cœur de l’œuvre. Qui est l’homme qui a conçu ce Projet ? D’où vient-il ? Quel fut son cheminement intellectuel et esthétique ? Quelle est sa situation, dans le champ de la poésie contemporaine ? Prenant pour point de départ cet étrange poème de Lewis Carroll, cette soirée se propose de trouver un chemin dans le labyrinthe des divers travaux de Jacques Roubaud. Donner quelques clés, sans pour autant simplifier ni réduire l’intensité et la part aventureuse de cette démarche d’écriture.

wp-content-uploads-2011-11-snark012.gifLa Chasse au Snark, extravagant récit poétique, est l’impossible voyage d’un improbable équipage à la recherche d’une inconcevable créature. L’écrivain et mathématicien Lewis Carroll, maître du nonsense, y invente tout un monde d’aventures et de situations où foisonnent énigmes, devinettes farfelues, jeux et réflexions sur le monde. Pour désigner l’humour le mot anglais nonsense est de connotation plus positive que le français non-sens (vite associé au désordre, voire à la folie). Echappant à la codification rhétorique, il ne résout pas les énigmes, laisse le lecteur jouer avec le sens, invente des situations incongrues. Le monde de Carroll est fait d’absurde mais surtout d’imaginaire. Pas l’absurde de Kafka ou de Beckett, qui mettent en scène des situations sans issue ou poussent le langage jusqu’à l’indicible. De Chesterton à Gérard Genette, plusieurs conceptions s’opposent concernant le monde imaginaire de Carroll. Dans un monde raisonnable, cette lecture a le goût des plaisirs de l’enfance, quand le langage s’apprivoise en faisant résonner de multiples sens.

wp-content-uploads-2011-11-snark032.gifLewis Carroll (1832–1898) est l’un des plus grands écrivains anglais. Les histoires qu’il crée pour les enfants de ses amis seront à l’origine des Aventures d’Alice, qu’il réalisera avec l’illustrateur John Tenniel en 1863 et qui paraîtront trois ans plus tard sous le titre d’Alice au pays des merveilles. Le succès est immédiat. Suivront De l’autre côté du miroir en 1872 puis La Chasse au Snark en 1876.

wp-content-uploads-2011-11-snark42m.gif«Vous avez lu le Snark, j’espère que vous m’écrirez un petit mot pour me dire si vous l’avez aimé et si vous pouvez vraiment le comprendre. Certains enfants le trouvent énigmatique. Bien entendu, vous savez ce qu’est un Snark ? Si oui, ayez la gentillesse de me l’apprendre : car pour ma part, je n’ai aucune idée de ce à quoi ça ressemble.»
(Lettre de Lewis Carroll à Florence Balfour, 6 avril 1876)

 

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Jacques Roubaud >>> www.oulipo.net

Lewis Carroll >>> www.poeticsolutions.com

Mervyn Peake, illustrateur de La chasse au snark en 1941 >>> www.mervynpeake.org

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