Deep Fields

Félicie d'Estienne d'Orves

 « Nous affirmons qu’il existe une infinité de terres, une infinité de soleils et un éther infini. » — L’Infini, l’Univers et les Mondes, Giordano Bruno, 1584.

Artiste plasticienne dont le matériau est la lumière, Félicie d’Estienne d’Orves imagine des installations et performances qui font appel à une connaissance des phénomènes du réel et s’intéressent à la définition des limites de l’espace, physique et cosmologique, par la lumière et sa vitesse. Dans le sillage des land artists des années 1970, l’artiste dessine une nouvelle topographie de l’art en arpentant cette terra incognita qu’est l’espace. Cette première exposition monographique présente plusieurs oeuvres développées autour de champs de perception dits « profonds », expression inspirée par l’image prise par le télescope spatial Hubble en 2016.

Cliché d’une région du ciel vide en apparence, l’image du « Champ profond de Hubble » a révélé, dans une fenêtre de quelques millimètres, près de trois mille galaxies lointaines embrassant une perspective cosmique de plus de treize milliards d’années-lumière. Le « Hubble Deep Field » est une photographie dont chaque galaxie contient des milliards de soleils, une preuve visuelle de l’infinité des mondes décrite par le philosophe italien Giordano Bruno dès le XVIe siècle. À travers ces paysages représentés par l’imagerie et les modèles scientifiques, la plasticienne interroge notre rapport au réel et nos perceptions qui sont désormais multiples, parallèles, ubiques.

Eclipse ©Félicie d’Estienne d’Orves, ADAGP Paris 2021 / Photo ©CibrianGallery.jpg

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