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Maguy Marin

C’est l’un des événements de la saison : développant depuis plus de 30 ans une pratique chorégraphique placée sous le double signe de l’exigence et de la prise de risque Maguy Marin présente au lieu unique sa dernière création. A quelques mois de la première, elle nous parle de cette nouvelle pièce.

Le rythme c’est la forme dans l’instant qu’elle est assumée par ce qui est mouvant, mobile, fluide, c’est la forme improvisée, momentanée, modifiable – Emile Benveniste.
En ce sens, la vie humaine peut être envisagée comme une forme en constante mutation, un chemin qui marche, une suite d’instants qui sont comme les pulsations d’un rythme plus vaste, à l’échelle d’une vie.
D’instant en instant, cette rythmicité est à la fois ce qui nous est le plus proche et reste le plus inconnu : une démarche, des paroles, des réflexes ; chacun de nos gestes définissent des phrasés rythmiques composés d’une succession d’instants. Petit à petit, ce que nous vivons s’agrège progressivement à ce que nous avons vécu, et résonne déjà, entre mémoire et attente, de ce que nous vivrons. Les possibles devenirs, multiples à notre naissance, se réduisent progressivement jusqu’à définir l’existence unique d’un être particulier, un rythme qui signe une manière de vivre le temps. Des flux aux vitesses et lenteurs diverses, des durées, des élans, des repos, des accents, des intensités, des densités, des attaques, des timbres, des tempi se déploient dans le présent d’une expérience sensible à la fois empreinte de tout ce qui fut et pourtant déjà à l’écoute de tout ce qui sera. Apparaissent alors les divers rythmes, les diverses manières de fluer, des instants qui sont autant de parties constituant l’ensemble d’une vie humaine particulière parmi d’autres vies humaines tout aussi particulières, des co-existences qui avec l’ensemble plus vaste des générations humaines composent une musicalité.

« Avec trois fois rien, un monde se crée. Des panneaux inclinés servent de décor et de patinoire aux artistes qui entament une danse des ténèbres.»
Le figaro.fr, 29 octobre 2014

« Une sorte de mémoire immémorielle parcourt cette œuvre, comme si revenaient constamment ensemble passé et présent, invariants comme ces pulsations qui secouent, alignent et font danser cet embryon d’humanité, traversant des états, des écueils, des élans, des horreurs. »
dansercanalhistorique.com, 4 octobre 2014

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Aide à la création : L’Adami