
© D. Bobee |
Après plusieurs collaborations avec Eric Lacascade dont La Mouette et Platonov de Tchekhov, David Bobee travaille depuis 2001 avec l’auteur Ronan Chéneau : texte et mise en scène s’écrivent ensemble sur le plateau avec le souci et l’exigence d’un engagement politique et sociétal fort. De ces collaborations, sont nées en 2004 les spectacles Res/Persona et Fées, deux premiers volets d’une série racontant l’individu contemporain et sa difficulté d’être au monde. Cannibales achève aujourd’hui la trilogie consacrée à la génération actuelle des 25/30 ans. Ce qui les intéresse ici, c’est “le point de convergence entre le politique et l’expérience singulière”.
“Chercher une nouvelle lecture du monde. Un regard transversal. Mon théâtre est très visuel et se nourrit des arts plastiques. Depuis plusieurs années, avec les personnes qui m’entourent, nous cherchons chacun dans notre discipline à offrir un univers visuel aussi exigeant qu’accessible. Loin du despotisme de la mise en scène et du collectivisme absurde, nous affirmons un théâtre pluridisciplinaire où la lumière devient dramaturgique, où le texte est au coeur du plateau sans en être le centre, où la mise en scène participe au spectacle sans l’accaparer. Nous refusons la narration, l’illusion, le mensonge du théâtre et de ses personnages en y opposant la fragmentation des textes, la poésie des images, la prise de parole et la sincérité des personnes.” David Bobee
“Nous disons souvent que notre théâtre est “politique”, cela vient certes du contenu de nos spectacles et de la parole qu’ils portent, mais aussi de notre manière particulière de faire. Je n’écris jamais loin du plateau. Avant même que je commence à écrire, souvent il y a l’idée d’un dispositif, une scénographie, les thèmes que nous voulons aborder…Notre volonté avec David est que l’écriture ne soit pas forcément en amont, qu’elle ne soit pas “au-dessus” des autres disciplines du théâtre, mais qu’au contraire, elle s’enrichisse à leur contact. Mon travail d’écriture se fait donc au coeur même de la machine théâtrale, avec le travail de la lumière et du son, le jeu, la mise en scène, pour être contaminé par eux, toujours proche du vivant, du présent.” Ronan Chéneau
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