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Terry Riley – In C
La Nòvia

VENDREDI 28 AVRIL À 20H30
MUSIQUE 12 - 22 €

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Création 2017

Un concert du 40e anniversaire du Centre Pompidou


Avec son instrumentarium d’un autre temps, le collectif La Nòvia établit des ponts entre les musiques traditionnelles du centre de la France et la modernité des compositeurs minimalistes. Il paraissait naturel de le voir s’attaquer au mythique In C de Terry Riley.

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En 1964 à San Francisco, Terry Riley présente In C (« en do majeur »), pièce qui fait de lui le fondateur reconnu d’un nouveau culte consacré à la musique répétitive. Selon Terry Riley « tous les interprètes jouent la même partition de 53 motifs à répéter (…) Chaque interprète a la liberté de choisir le nombre de répétition avant de passer au motif suivant, aucune règle ne fixe le nombre de répétition ». Jon Gibson et Steve Reich ont participé à la première de cette pièce historique qui a eu sur eux un impact considérable. In C est reconnue pour avoir influencé beaucoup de musiciens, dont The Who, le Velvet Underground, Soft Machine et surtout les groupes allemands des années 70 comme Popol Vuh ou Tangerine Dream.

Pour célébrer cette pièce, le lieu unique a commandé aux 15 musiciens du collectif La Nòvia (dont sont issus les groupes Tanz Mein Herz, Toad, Jericho, les Violonneuses ou le duo Puech Gourdon) une version de In C avec leur instrumentarium original composé d’instruments traditionnels français (vielle à roue, épinette, cabrette, cornemuse…) et d’instruments utilisés dans le rock (guitare, violon, etc). Les membres du collectif réalisent la prouesse de réunir dans leurs travaux respectifs autant des influences du Velvet Underground que des musiques populaires, issues de la tradition orale, souvent composées de motifs répétitifs enivrants.

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Entretien avec Alexis Degrenier et Yann Gourdon du collectif La Nòvia

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Quel est votre lien à la musique de Terry Riley ?
Yann Gourdon :
Je l’ai découverte simultanément à celle de La Monte Young et Tony Conrad. In C est considérée comme la première œuvre utilisant aussi radicalement le procédé de répétition. C’est une œuvre marquante de la seconde moitié du XXe siècle, devenue une pièce de répertoire.
Alexis Degrenier : Je me suis d’abord intéressé au disque Persian Surgery Dervishes (1972) pour harmonium ou orgue qu’il jouait lui-même. J’ai découvert In C plus tard.

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Comment abordez-vous cette interprétation ?
Yann Gourdon :
La plupart de celles que l’on peut écouter aujourd’hui n’exploitent pas, à mon sens, le potentiel de cette pièce. On en reste souvent à la seule superposition des motifs, alors que nous pourrions porter notre attention sur les espaces générés par tous les intervalles (rythmiques, harmoniques, physiques), quitte à en perdre le motif. C’est ce vers quoi je veux tendre pour cette nouvelle interprétation. Nous serons douze musiciens, pour la plupart issus des musiques traditionnelles. Il y aura des vielles à roue, des cornemuses (cabrette, chabrette, Béchonnet), des violons, un banjo, une guitare… L’instrumentation en elle-même, riche en timbres et en harmoniques, provoquera ce bégaiement dans le motif.
Alexis Degrenier : J’ai toujours été attiré par un aspect que je n’entends pourtant pas dans les interprétations que je connais : une richesse de timbres entremêlés provoquant une perte des repères dans l’espace et la durée. À cet égard, il y a bien évidemment un matériau très riche dans le collectif, permettant un nombre de possibilités et de mouvements assez complexes.
Guilhem Lacroux : Notre pratique des musiques orales et des temporalités étendues devrait nous amener à un développement lent et immersif.

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Quel lien faites-vous entre l’esthétique de La Nòvia et celle des minimalistes américains ?
Yann Gourdon :
J’ai redécouvert les musiques traditionnelles (du Massif central) au moment où je découvrais les minimalistes américains. Depuis, ces deux approches sont continuellement imbriquées dans ma musique. L’omniprésence du bourdon et la variation dans la répétition sont des éléments constitutifs de ces musiques, mais c’est aussi dans le traitement du son, l’engagement dans le son jusqu’à troubler la perception, que l’on retrouve des similitudes fortes.
Guilhem Lacroux : Une conscience forte du phénomène sonore et une musique qui travaille sur des changements de la perception temporelle.
Alexis Degrenier : S’il fallait trouver un lien, je pencherais volontiers pour ce concept largement développé par Gilles Deleuze : différence et répétition. Appliqué ici, il devient physique, presque vivant et palpable.

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Le Centre Pompidou fête ses 40 ans en 2017 partout en France. Pour partager cette célébration avec les plus larges publics, il propose un programme inédit d’expositions, de prêts exceptionnels, de manifestations et d’événements pendant toute l’année.
Expositions, spectacles, concerts, conférences et rencontres sont présentés dans quarante villes françaises, en partenariat avec un musée, un centre d’art contemporain, une scène de spectacle, un festival, un acteur du tissu culturel et artistique français…
Au croisement des disciplines, à l’image du Centre Pompidou, ces projets témoignent de son engagement depuis sa création aux côtés des institutions culturelles en région, acteurs essentiels de la diffusion et de la valorisation de l’art de notre temps.


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© image : La Novia


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