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Tindersticks
Minute bodies

SAM 11 MARS À 20H30 ET DIM 12 MARS À 18H
CINÉ-CONCERT Duree : 1H15 20 - 29 €

je
veux ma
place



Création 2017


Stuart Staples, chanteur et compositeur du groupe anglais Tindersticks, s’est intéressé aux films de Frank Percy Smith, naturaliste, documentariste et pionnier de nombreuses techniques macrophotographiques au début du siècle dernier. Avec à la clé un film, qu’il a réalisé à partir des images de Frank Percy Smith, et sa bande-son qui en épouse les motifs à la fois documentaires et abstraits. Un nouveau projet excitant pour les Tindersticks.

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Grâce à Tindersticks le songwriting n’est pas une langue morte. Nous voyageons à travers leur discographie, sur les traces de Lee Hazlewood, Leonard Cohen, Townes Van Zandt ou Nick Cave. Ils nous offrent une musique qui rappelle autant une version sous tranxène du rock de redneck que la soul moite des fins de nuits. Tindersticks est le dépositaire d’un savoir faire aussi rare que précieux pour construire un groove invisible, ce rythme magique qui provoque une envie de danse lente et vaporeuse, à la façon d’Audrey Horne devant le jukebox du Double R… Depuis presque 25 ans, en 10 albums, Tindersticks, emmené par la voix de crooner de Stuart Staples, taille un costard aux modes et aux groupes de passage. Un costard intemporel qui sent la clope froide et le whisky, sans doute le secret de cette voix des profondeurs qui se pose avec une légèreté désarmante sur une pop de chambre aussi classe que profonde.

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Entretien avec Stuart Staples

Comment est né Minute Bodies ?
Je travaille depuis plusieurs années à ce projet, basé sur des archives filmiques. Il s’agit d’une exploration, souvent même d’une réinvention, du travail de Frank Percy Smith, réalisateur anglais qui fut, dans les années 1920 et 1930, pionnier dans des techniques comme le time-lapse (effet d’ultra-accéléré réalisé image par image) ou la microcinématographie. Pour la première fois, il dévoilait les secrets cachés de la nature. J’ai d’abord vu The Acrobatic Fly, son film le plus célèbre, puis j’ai voulu en savoir plus sur son travail. Et plus je voyais ses films, plus les idées me venaient : la musique semblait jaillir. Quant au titre Minute Bodies, je l’ai emprunté au traité scientifique Micrographia de Robert Hooke, un contemporain d’Isaac Newton, qui a reproduit et publié les premières images vues à travers un microscope, en 1665.

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Quels sont les musiciens impliqués dans ce projet ?
Le noyau dur est ici constitué de Thomas Belhom, de Christine Ott, du multi-instrumentiste David Boulter et de moi-même. Tout a démarré lors d’une session d’enregistrement avec eux. Thomas et Christine sont des musiciens très spéciaux, chacun unique en son genre. Je tenais vraiment à ce qu’ils soient impliqués dès le départ. Quant à David, il a apporté énormément au projet. Depuis, notre voyage nous a amenés à inviter d’autres musiciens à nous rejoindre dans ce monde. C’est une approche très différente d’un album des Tindersticks. Les images sont à la fois très fortes et musicalement malléables. Il n’y a aucune règle, parfois aucune indication de mesure… Nous pourrions simplement nous perdre.

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Vous avez beaucoup collaboré avec Claire Denis, en composant les musiques originales de ses films. En quoi Minute Bodies se distingue de ce travail ?
Cela a été une expérience formidable, à la fois de rencontrer un travail visuel qui soit une telle source d’inspiration musicale, mais aussi d’apprendre à connaître Claire et à la comprendre en tant que personne. Frank Percy Smith ne s’est jamais considéré comme un artiste. Pour moi, son travail est comme emprisonné dans les films éducatifs auxquels il a participé. J’ai essayé de l’en délivrer et de l’inscrire dans le temps présent.

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Est-ce que ces différents travaux autour du cinéma pourraient vous conduire à la mise en scène ?
Le montage et la réalisation du film ont été le principal moteur pour me rapprocher de ce qui me fascine dans le travail de Frank Percy Smith. Animer des images me passionne, mais les acteurs ou les histoires m’intéressent beaucoup moins.


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© image : DR