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Questions de société

janvier - mai 2017
conférences, tables rondes... entrée libre

Dans un monde qui nous apparaît de plus en plus complexe, souvent bouleversé par le progrès technique, la mondialisation, les violences diverses, les sciences humaines et sociales nous offrent la possibilité de rendre plus intelligibles les grandes questions de société. Philosophes, sociologues, historiens, juristes, politologues… nous accompagnent pour enrichir notre pensée, ouvrir le débat grâce à une multiplicité de points de vue et nous aident à trouver du sens au monde qui nous entoure.

 

Premier programme : les mardis de l’IEAoLU
L’Institut d’Études Avancées de Nantes, lieu d’excellence et résidence pour les chercheurs en sciences humaines et sociales venus de tous horizons et réunis afin de penser ensemble le monde, sort de ses murs. Durant l’année 2016-2017, il co-organise avec le lieu unique, chaque deuxième mardi du mois, une conférence avec un intervenant de renom, ouverte au public. Chaque conférence traite, en français, d’un grand sujet de société et d’actualité ayant une forte dimension internationale. Ainsi sera abordée une pluralité de problématiques comme le devenir du travail, les crises économiques et financières, la crise de la représentation politique, l’avenir de l’Europe, les situations de la Chine et du Moyen-Orient, la technologisation de la société ou le changement climatique. Chaque séance se déroule de la façon suivante : l’intervenant invité présente un sujet suivi d’une prise de parole par un chercheur résident de l’IEA, afin de donner un éclairage complémentaire.
Ensuite, la discussion s’engage avec le public.

Orientalisme et occidentalisme : comparatisme et temporalité. De la grande divergence à la grande convergence
Conférence de Henry Laurens, historien, professeur au Collège de France,
chaire « Histoire contemporaine du monde arabe »

L’orientalisme et l’occidentalisme, c’est-à-dire les savoirs sur la société de l’autre se sont développés en parallèle, permettant de créer des comparaisons qui, dans certains cas, deviennent des actions. Pris dans la temporalité longue de la grande divergence du XVIIIe où l’Europe se sépare des autres sociétés à la grande convergence actuelle, différentes attitudes contradictoires se succèdent pour aboutir à un conflit des identités à un moment où en réalité le narcissisme de la petite différence dissimule une très probable dissolution de l’exogène.

— Mardi 10 janvier à 18h / Entrée libre

 
L’informatique change le monde, et voici pourquoi
Conférence de Gérard Berry, professeur au Collège de France,
chaire « Algorithmes, machines et langages »

Jusqu’à la moitié du XXe siècle, le monde a été dominé par trois entités, la matière, l’énergie et les ondes. Toute la révolution industrielle a ainsi été fondée sur l’utilisation de la matière et l’énergie. Puis sont venues les ondes. Cela a permis un essor fantastique des communications. Puis au milieu du XXe siècle est arrivée l’information. Désormais, alors que l’algorithme devient incontournable et le numérique omniprésent, le monde vit une nouvelle révolution accompagnée de ses clichés qu’il faut dépasser.

— mardi 7 février à 18h / Entrée libre

 
Lampedusa : corps, images et narrations de l’immigration
Conférence de Guido Nicolosi, sociologue à l’Université de Catane (Italie)

Lampedusa, une petite île italienne du Pélagie, en Sicile. Langue de terre africaine dans le « territoire » italien, à la dérive en Méditerranée, elle offre toutes les contradictions et les paradoxes d’une imagerie symbolique et d’une pratique politique européenne. Le 3 octobre 2013, lorsqu’un bateau de pêche d’une longueur d’environ 20 mètres, ayant levé l’ancre de Misurata, en Libye et rempli d’immigrés provenant de différents pays africains, coule à environ un demi mille de ses plages blanches, l’île devient le symbole international d’une tragédie humaine qui pendant des décennies a ensanglanté toutes les « frontières » du continent. Elle devient également le symbole d’une crise politique aux conséquences potentiellement dévastatrices pour le rêve unitaire et transnational européen.

— Mardi 14 mars à 18h / Entrée libre

 
Les affects de la politique
Conférence de Frédéric Lordon, sociologue et économiste, directeur
de recherche au CNRS, chercheur au Centre de Sociologie européenne

Frédéric Lordon propose de restaurer la considération des affects dans les sciences sociales. Les affects sont à la fois des effets des structures sociales, qu’ils reproduisent ou subvertissent. On peut prendre au sérieux les affects individuels sans pour autant renoncer à l’étude des structures sociales. Les affects sont à comprendre comme un effet, sur les individus, des structures sociales, qu’ils reproduisent ou subvertissent celles-ci. La prise en compte des affects singuliers et collectifs permet ainsi, en réintroduisant la contingence dans la vie des institutions, d’articuler la structure et l’histoire. Ainsi les capitalismes pré-fordien, fordiste et néo-libéral ont chacun mis en place un régime de désirs et d’affects. Chaque stade du capitalisme est inséparable d’un imaginaire, qui ne cesse de se renouveler, celui de la réalisation de soi prenant le pas, aujourd’hui, sur celui de la marchandise. Frédéric Lordon abordera les problématiques du politique, de la nation et de l’internationalisme du point de vue des affects.

— Mardi 4 avril à 18h / Entrée libre

 
Comment penser la liberté ?
Conférence de Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire
contemporaine et d’histoire du genre à l’Université Paris-VIII-Saint-Denis
et historienne du politique et du féminisme.

Il s’agit de trouver les traces des utopies d’hier afin de rendre concret le sens des idées tombées dans l’oubli ou perverties par l’usage instrumental dont elles ont fait l’objet. Dans son dernier ouvrage Le Procès de la liberté, Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté surgies au cours des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIXe siècle français. Des idées largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l’histoire devenue canonique. Leur actualité s’impose pourtant aujourd’hui, à l’heure où l’idée de liberté individuelle a été dissociée de la liberté collective et réduite au libéralisme et à l’individualisme.

— Mardi 9 mai à 18h / Entrée libre

 

Deuxième programme : société, sécularisation
et interrogations sur le religieux

Un cycle de conférences proposé par l’Institut du Pluralisme Religieux
et de l’Athéisme (IPRA) et le lieu unique

« S’il y a des autels, il y a des dieux ; or il y a des autels, donc il y a des dieux. » Le propos tenu par le sophiste Timoclès dans Zeus tragédien de Lucien de Samosate est susceptible de nourrir les débats de notre société. Mais les spécialistes des sciences humaines et sociales ne s’intéressent pas tant aux Dieux ou à Dieu qu’à celles et ceux qui construisent des « autels » ou des « niches » vers lesquels elles/ils s’inclinent pour adorer et, simultanément, emplir de leur vie ce qui accompagne leur geste intérieur et extérieur.
Comment définir le « religieux » ? Quatre termes peuvent être proposés : un acte de foi initial et partagé ; une communauté qui le porte et le transmet ; un corpus de référence ; des paroles et des gestes qui y sont associés de manière spécifique. Quand, par ses institutions et par la voix de ses autorités, la religion est omniprésente, la détermination première paraît évidente. En contexte de sécularisation, elle l’est beaucoup moins : Qu’est-ce qui pousse à partager ou à combattre, donner ou échanger, jouer ou discuter ? Le libéralisme peut-il être apparenté à une doctrine religieuse et le football à une pratique religieuse ? Aimer ou tuer au nom de Dieu suffit-il à fixer une causalité ?

 
La synagogue, une affaire d’hommes ?
Discussion entre Béatrice de Gasquet et Vincent Vilmain

Dans le judaïsme orthodoxe, la religion juive peut sembler être une affaire d’hommes ; de nombreux commandements ne s’appliquent pas aux femmes dont celui d’étude de la Torah. L’essentiel du rôle féminin consiste en la procréation et l’entretien d’un cadre propice au respect, par l’homme, des mitsvot (commandements religieux). À la synagogue, la règle qui prévaut est celle de la séparation des sexes. Pourtant, la mixité est progressivement devenue la règle dans les synagogues réformées et « conservatives » (massorties), issues des courants non orthodoxes du judaïsme apparus au XIXe siècle, et de nombreuses femmes, dans plusieurs pays, ont reçu la semikhah (ordination au rabbinat). Le judaïsme orthodoxe a également connu des changements concernant le genre, même si l’expression d’un féminisme religieux y reste difficile.

Béatrice de Gasquet est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Paris-Diderot. Sa thèse de sociologie, soutenue en juin 2011 à l’EHESS, portait sur les questions de genre dans le judaïsme français contemporain.
Vincent Vilmain est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université du Maine et membre de l’IPRA. Il publie en 2017 Féministes et nationalistes ? Les femmes juives dans le sionisme politique (1897-1921) (H. Champion, coll. « bibliothèque des études juives »).

— Mardi 17 janvier à 20h30 / Entrée libre
En partenariat avec l’Espace Simone de Beauvoir

 
Début de vie, fin de vie :
éthiques athées et éthiques confessionnelles

Table ronde avec Ghaleb Bencheikh, Gérard Dabouis, Véronique Margron, Corinne van Oost, modérée par Guillaume Durand

À partir de quand peut-on être reconnu comme un être humain et une personne ? Quel est le statut moral d’un fœtus et d’un embryon et par conséquent avons-nous des devoirs vis-à-vis d’eux ? Mais aussi, a-t-on le droit de se donner la mort ou de demander de l’aide pour mourir ? Selon que nous soyons athées, musulmans, chrétiens, agnostiques, bouddhistes ou que nous portions d’autres convictions encore, nos représentations et nos valeurs peuvent être différentes. Mais nous partageons aussi des valeurs communes. Quelles sont les différentes approches qui composent aujourd’hui notre société face à ces questions cruciales (la vie, la mort, la liberté humaine) ?

Ghaleb Bencheikh est islamologue, animateur des émissions Cultures d’islam sur France Culture et Islam sur France 2.
Gérard Dabouis est professeur émérite de la Faculté de médecine, ancien chef de service d’oncologie médicale – soins de support – soins palliatifs du CHU de Nantes, membre de la consultation d’éthique clinique du Pôle hospitalier mutualiste Jules Verne, chercheur résident à la MSH Ange Guépin.
Véronique Margron est théologienne, enseignante en éthique, religieuse dominicaine. Elle fut doyen de la Faculté de théologie de l’Université catholique de l’ouest à Angers de 2004 à 2010. Elle est l’auteur, notamment, de Fragiles existences : orienter sa vie (Bayard, 2010) ; Homme, femme, quelle différence ? (avec Eric Fassin, Salvator, 2011) ; Cinq Éloges de l’épreuve (avec Sylvie Germain, Albin Michel, 2014), Solitudes nuit et jour (Bayard, 2014).
Corinne Van Oost, diplômée en médecine générale à Strasbourg, découvre les soins palliatifs en accompagnant une de ses tantes, et travaille pendant 4 ans à la Maison Médicale J. Garnier, centre réputé à Paris. Suite à un déménagement familial, elle arrive en Belgique et devient le médecin de l’équipe locale de soins palliatifs à domicile. Elle y est depuis 20 ans ! Elle exerce aussi depuis longtemps comme médecin dans un service de soins palliatifs dans une clinique régionale qui choisit de s’ouvrir à la demande d’euthanasie lorsque la loi le permet. Dans ce cadre, elle a accepté de témoigner de son vécu dans un livre intitulé : Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie (Presses de la Renaissance, 2014).
Guillaume Durand est maître de conférences en philosophie à l’Université de Nantes, membre des consultations d’éthique clinique du CHU de Nantes et du Pôle hospitalier mutualiste Jules Verne.

— Jeudi 9 mars à 18h30 / Entrée libre
En partenariat avec l’association EthicA

 

Troisième programme : philosophie politique

Rencontre avec Florent Guénard à propos de son ouvrage
La démocratie universelle – Philosophie d’un modèle politique
(Seuil, La couleur des idées, 2016)

animée par Jean-Michel Vienne

Comment en est-on venu à considérer que la démocratie pouvait être exportable ? Qu’il suffisait de renverser un régime autoritaire pour que la démocratie s’installe, voire, comme en Irak en 2003, d’envahir un pays pour le libérer ? En quel sens peut-on dire que la démocratie est le « modèle » de régime qui correspond le mieux à certaines aspirations fondamentales de l’humanité ? Voici quelques-unes des questions soulevées par Florent Guénard qui dégagera les différentes façons d’appréhender ce qu’est un modèle politique.

Florent Guénard est philosophe, maître de conférences à l’Université de Nantes, directeur de la rédaction du site laviedesidees.fr. Il est notamment l’auteur de Rousseau et le travail de la
convenance
(H. Champion, 2004).
Jean-Michel Vienne est professeur honoraire de philosophie à l’Université de Nantes, auteur de travaux et de traductions sur la pensée britannique classique, intervenant et animateur de diverses associations nantaises.

— Mardi 24 janvier à 18h30 / Entrée libre
En partenariat avec la Librairie Vent d’Ouest et Philosophia

 

Quatrième programme : géopolitique

La France est-elle encore une grande puissance ?
Conférence de Pascal Boniface, à l’occasion de la parution de son ouvrage
Le monde et la France. Je t’aimais bien tu sais (Max Milo, janvier 2016)

Pendant la guerre froide, la France, grâce à sa politique étrangère indépendante, pesait plus que son poids réel. Le clivage Est/Ouest a disparu et, depuis, le monde occidental a perdu le monopole de la puissance qu’il a exercée durant cinq siècles. Dans ce contexte, que pèse la France sur la scène internationale ? Quelles sont ses marges de manœuvre ? Le terrorisme est-il une menace existentielle et notre réponse est-elle adaptée ? Nos débats de politiques internes ont-ils eu un impact sur notre rayonnement international ? Si oui, lequel ? Autant de questions qui se posent au moment où la France va se choisir un nouveau président de la République.

Pascal Boniface est directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et enseignant à l’Institut d’Études européennes de l’Université Paris 8. Il dirige La Revue internationale et stratégique et L’Année stratégique et il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages sur le thème des relations internationales, des questions nucléaires et de désarmement, des rapports de force entre les puissances, de la politique étrangère française, de l’impact du sport dans les relations internationales, du conflit du Proche-Orient et de ses répercussions en France. Il est aussi éditorialiste pour les quotidiens La Croix (France), La Vanguardia (Espagne) et Al Ittihad (Émirats arabes unis). Parmi ses derniers ouvrages : Le grand livre de la géopolitique (Eyrolles, 2014) ; Comprendre le monde – 3e édition (Armand Colin, 2015) ; Le monde et la France. Je t’aimais bien tu sais (Max Milo, 2016). Pascal Boniface et l’IRIS organisent chaque année en octobre, avec le lieu unique, Les Géopolitiques de Nantes.

— Mercredi 8 février à 18h30 / Entrée libre

 

illustration : François Olislaeger IEA IPRA Ethica Espace Simone de Beauvoir librairie Vent d'Ouest Philosophia

les rendez-vous passés

Les mardis de l’IEAoLU

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Il n’y a pas de paix durable sans justice sociale
Dialogue entre Bernard Thibault, membre du Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail et ancien secrétaire général de la CGT, et Alain Supiot, professeur au Collège de France et membre émérite de l’Institut d’Études Avancées de Nantes
L’une des leçons tirées de la Première Guerre mondiale et répétée au lendemain de la Seconde, est « qu’une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale ». Pendant plusieurs décennies le « progrès social » s’est illustré par une avancée des droits, des libertés et des conditions matérielles pour les travailleurs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et les promesses d’une mondialisation heureuse sont démenties par les réalités de la globalisation, avec l’augmentation vertigineuse des inégalités, l’extension du chômage et de la précarité au travail, la perte de contrôle démocratique sur les politiques économiques et la résurgence des fureurs identitaires, avec leur cortège de violence et de guerres.
La version néolibérale de la mondialisation a fait de la concurrence un absolu qui s’est étendu à la planète entière, et notamment à l’Europe, où les droits sociaux sont fréquemment présentés comme des « privilèges » d’un autre temps. Les dégâts humains de cette véritable guerre sociale mondiale sont énormes. Pourquoi cette situation ? Quelles en sont les origines, qui en est responsable et comment peut-on en sortir ?

— Mardi 11 octobre à 18h / Entrée libre

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Tous rentiers !
Conférence de Philippe Askenazy, économiste, directeur de recherche au CNRS, chercheur à l’École d’économie de Paris
Le fossé entre des gagnants (les capitalistes, les entrepreneurs, les experts) et des perdants (les travailleurs routiniers) ne cesse de se creuser. Il devient de plus en plus délicat de le combler par plus de redistribution. Issue de son dernier ouvrage Tous rentiers !, Philippe Askenazy propose une analyse pas à pas des mécanismes à l’oeuvre aujourd’hui, qui ouvre vers d’autres pistes. La distribution des revenus découle de rapports de force et n’est ni naturelle ni intangible. Les gagnants accaparent toujours plus de rentes en développant le « tout propriété » et le « tous propriétaires », en privatisant la connaissance et en faisant reculer l’État. Certains groupes sociaux capturent des rentes croissantes. La masse des travailleurs, prétendus non qualifiés mais de plus en plus compétents, sont, eux, soumis à la pression de la concurrence et des gains de productivité. Ce déséquilibre finit par enfermer le capitalisme dans une spirale délétère. Il peut être corrigé.Mais comment revaloriser le travail, remobiliser le monde du travail et affaiblir le capital ?

— mardi 8 novembre à 18h / Entrée libre

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La Mosaïque de l’islam
Dialogue entre Suleiman Ali Mourad, professeur de religion à Smith College aux Etats-Unis et Perry Anderson, historien britannique, professeur d’histoire et de sociologie à l’université de Californie à Los Angeles
Dans l’ouvrage « La Mosaïque de l’islam » qui vient de paraître chez Fayard, un historien, célèbre pour ses études comparatives, interroge sur le Coran un savant, spécialiste de l’histoire de l’islam. Ensemble, ils retracent les grands moments de cette histoire et mettent au jour les disputes qui ont présidé à la formation, à l’organisation et à la destinée de la dernière religion monothéiste. 
Répondant aux questions de Perry Anderson, Suleiman Mourad dépeint ainsi l’efflorescence des écoles d’exégèse coranique et les controverses auxquelles n’a cessé de donner lieu l’interprétation des textes fondateurs de l’islam. Loin de l’image largement fantasmée d’un islam monolithique, c’est une riche mosaïque de traditions et d’interprétations diverses qui est ainsi dévoilée. Connaître cette richesse et cette diversité est un antidote aux fondamentalismes de tout bord. Ils poursuivront au lieu unique leur passionnant dialogue.

Mardi 13 décembre à 18h / entrée libre / Conférence-débat en français


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Société, sécularisation et interrogations sur le religieux

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Un silence religieux.
La gauche face au djihadisme.

Conférence de Jean Birnbaum
« Incapable de prendre la croyance au sérieux, comment la gauche comprendrait-elle l’expansion de l’islamisme ? Comment pourrait-elle admettre que le djihadisme constitue aujourd’hui la seule cause pour laquelle un si grand nombre de jeunes Européens sont prêts à aller mourir à des milliers de kilomètres de chez eux ? Et comment accepterait-elle que ces jeunes sont loin d’être tous des déshérités ? Là où il y a de la religion, la gauche ne voit pas trace de politique. Dès qu’il est question de politique, elle évacue la religion. Voilà pourquoi, quand des tueurs invoquent Allah pour semer la terreur en plein Paris, le président socialiste de la France martèle que ces attentats n’ont « rien à voir » avec l’islam. Lors de cette rencontre, nous nous interrogerons sur cette cécité obstinée, sur ses origines historiques comme sur ses conséquences présentes. »

Jean Birnbaum est rédacteur en chef du Monde des Livres. Il est l’auteur de plusieurs essais consacrés à la transmission de l’espérance politique, parmi lesquels : Leur jeunesse et la nôtre. L’espérance révolutionnaire au fil des générations (Stock, 2005) et Les Maoccidents. Un néoconservatisme à la française (Stock, 2009).

— Jeudi 20 octobre à 20h30 / Entrée libre

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Religions, mondialisation, marchandisation
Table ronde avec : Lionel Obadia, Raphaël Liogier, Dominique Coatanéa, modérée par Dominique Avon
De nouvelles manières de se relier au sacré semblent caractériser l’époque hypermoderne dans laquelle nous sommes plongés : consumérisme spirituel, branding des traditions, effets d’« offre et de demande » des « biens spirituels » mis sur un « marché », business plan et véritable « esprit d’entreprise » des religions, repérés aussi bien au niveau des acteurs individuels que des organisations religieuses… L’idée qu’il s’agit là des impacts très directs du capitalisme mondial sur le monde des religions s’est imposée dans le monde universitaire et au-delà, comme s’il s’agissait là d’une inéluctable et mécanique action de l’économie mondialisée sur la religion, une marche vers la marchandisation du sacré, à l’image d’une marchandisation de l’Homme et de ses expressions culturelles… Les relations entre religion, mondialisation et marchandisation sont néanmoins bien plus complexes et en appellent à un approfondissement critique des débats que les trois termes suscitent.

Lionel Obadia est professeur en anthropologie à l’Université Lyon 2, membre du Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes. Docteur en sociologie, il a soutenu une thèse sur le bouddhisme en France et en Occident. Il a prolongé ses recherches dans le cadre géographique asiatique en s’intéressant à d’autres religions, puis au mouvement messianique juif et, enfin, aux formes nouvelles prises par ce qui est nommé « religieux ».
Raphaël Liogier est professeur à l’IEP d’Aix-en-Provence, où il dirige l’Observatoire du religieux. Docteur en sociologie et en science politique, il a soutenu une thèse sur l’occidentalisation du bouddhisme selon une approche politique.
Il s’est intéressé aux liens entre bouddhisme et christianisme et, depuis quelques années, s’intéresse à la fois à ce qui est appelé « nouveaux mouvements religieux » et aux discours relatifs à l’islam et aux musulmans.
Dominique Coatanéa est professeure à l’Université catholique de l’Ouest. Docteure en théologie, elle a soutenu sa thèse sur l’enseignement social de l’Église catholique en s’intéressant à la notion de « bien commun » dans la pensée du jésuite, spécialiste de l’hégelianisme et du marxisme, Gaston Fessard. Elle s’intéresse à la problématique de « l’économie du don » et est titulaire de la première chaire Pax Christi.
Dominique Avon est professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Maine. Il est spécialiste de l’étude comparée des religions. Il co-dirige, avec John Tolan (Université de Nantes), l’Institut du Pluralisme Religieux et de l’Athéisme (IPRA).

Jeudi 8 décembre à 20h30 / Entrée libre


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Question(s) d’éthique : Addict(e)s ?

Le lieu unique et l’association EthicA ont créé un nouvel événement, Question(s) d’éthique, qui tend à apporter un éclairage sur les grands débats de société qui questionnent les moeurs et le vivre-ensemble.
Après une première édition sur la question du Genre qui a réuni sociologues, politologues, philosophes, psychanalyste, nous vous proposons de réfléchir ensemble à la question des addictions.

Dans nos sociétés libérales où l’autonomie individuelle est devenue une valeur fondamentale, le phénomène des addictions n’est-il pas un paradoxe ? Pourquoi et comment des individus en viennent-ils à devenir les esclaves de substances (alcool, tabac, cannabis, etc.) et de conduites (jeux, sport, sexe, etc.) qui les font souffrir et tendent même à les détruire ? Qui sont les responsables de telles servitudes ? Mais toutes les addictions sont-elles des maux à combattre ? Et certaines addictions ne sont-elles pas aussi l’affirmation de notre liberté et ne doivent-elles pas, à ce titre, être respectées dans une démocratie ? Autant de questions posées lors de conférences et de débats.

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Comment penser l’addiction ?
Conférence de Jean-Luc Vénisse, professeur de psychiatrie à l’Université de Nantes. Il a créé et dirigé le service d’addictologie du CHU de Nantes.

Les addictions sans drogue: des addictions comme les autres ?
Table ronde avec: Marc Valleur, psychiatre, médecin chef du centre médical Marmottan (Paris), Philippe Decan, docteur en psychologie clinique et psychopathologie, Didier Acier, psychologue clinicien, professeur de psychologie clinique à l’Université de Nantes, animée par Jean-Luc Vénisse, professeur de psychiatrie et Guillaume Durand, maître de conférences en philosophie à l’Université de Nantes.

Existe-t-il des addictions collectives ?
Entretien avec Patrick Pharo, chercheur en sociologie morale, auteur, entre autres, de Plaisirs et dépendances dans les sociétés marchandes (éd. de l’Univ. de Bruxelles, 2012), La dépendance amoureuse (PUF, 2015), mené par Anne Le Pennec, journaliste.

Les mots de l’addiction
Textes littéraires lus par Gilles Blaise et Florence Bourgès

— Samedi 5 novembre / Entrée libre

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L’addiction aux jeux vidéo existe-t-elle ?
Conférence de Michael Stora, psychologue et psychanalyste, auteur notamment de Les écrans, ça rend accro… (Hachette Littérature, Coll. Ça reste à prouver, 2007) et d’un ouvrage collectif sur les Médiations numériques à l’adolescence (Éd. Lavoisier, 2016).

L’addiction est-elle une servitude volontaire ?
Conférence de Bernard Baertschi qui a enseigné la philosophie morale et la bioéthique à la Faculté de médecine et au Département de philosophie de l’Université de Genève. Il fait actuellement partie du Comité d’éthique de l’Inserm.

Faut-il légaliser les drogues ?
Table ronde avec : Didier Sicard, professeur de médecine à l’Université Paris Descartes. Renaud Colson, maître de conférences à la faculté de droit et des sciences politiques de l’Université de Nantes, Fabrice Olivet, directeur de ASUD (Autosupport des Usagers de Drogues), animée par Guillaume Durand, maître de conférences en philosophie à l’Université de Nantes.

— dimanche 6 novembre / Entrée libre
Et aussi, des projections vidéo, des écoutes, une librairie…


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Question des droits de l’homme : l’enfermement carcéral
À l’occasion des 23e Journées Nationales de la Prison, le lieu unique et le Collectif Prison 44 abordent les répercussions de l’enfermement carcéral à travers le point de vue d’un philosophe.

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Prison, vivre enfermé
Conférence-débat d’Alain Cugno
Il n’y a pas qu’en prison qu’on vit enfermé, il n’y a pas qu’en prison que cet enfermement est indépendant de la volonté de celui qu’on enferme, mais il n’y a qu’en prison qu’il est demandé à l’enfermement d’être l’exécution d’une sanction pénale.
Or, cette dernière doit être comprise sur les bases données par Hegel dans les « Principes de la philosophie du droit » (1821) : la peine n’a vocation ni à neutraliser, ni à intimider, ni même à amender, elle est la réconciliation du droit avec lui-même à travers la personne de l’infracteur, ce qui signifie que la personne condamnée est productrice de droit jusque dans l’exécution de sa peine.
Que signifie une telle exigence, est-elle possible à satisfaire, dans la reconfiguration complète du temps et de l’espace qu’opère la prison ?

Alain Cugno, administrateur de la FARAPEJ (Fédération des Associations Réflexion Prison Et Justice), rédacteur en chef de la revue Prison justice, enseigne la philosophie aux facultés jésuites de Paris (Centre Sèvres). Parmi ses publications : L’Existence du mal (Seuil, 2002), La Blessure amoureuse (Seuil, 2004), De l’angoisse à la liberté, apologie de l’indifférence (Salvator, 2009).

— Mercredi 30 novembre à 20h30 / Entrée libre


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NOS FUTURS, un rendez-vous biennal initié par le Théâtre Nouvelle Génération – CDN de Lyon, en étroite collaboration avec le lieu unique à Nantes, le Théâtre Am Stram Gram à Genève et le TJP à Strasbourg.
Chacun des lieux partenaires présente une programmation de spectacles, de rencontres ou d’ateliers qui nous invitent à rêver et à construire de possibles mondes à venir.

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Médecine personnalisée : quelle place pour l’humain dans la médecine de demain ?
Table ronde avec : Xavier Guchet, Sandra Mercier, Arnaud Poitou, modérée par Guillaume Durand. En partenariat avec l’École Centrale de Nantes et l’association EthicA
Prescrire le meilleur traitement médical possible à un patient en fonction de ses caractéristiques notamment génétiques, prévenir l’apparition de maladies, développer de nouvelles technologies (bioprinting, thérapie génique, etc.), la médecine personnalisée suscite aujourd’hui de grands espoirs même si elle est encore limitée à certaines maladies et à un nombre restreint de patients. Mais elle soulève aussi de nombreuses questions éthiques, économiques et sociales : quelle confidentialité pour les données génétiques recueillies ? Comment devront réagir les médecins face à la découverte, de manière fortuite, d’autres maladies ? Qui aura les moyens de financer des traitements particulièrement onéreux ? Cette médecine sera-t-elle juste et équitable ? Autant de questions posées lors de cette table ronde.

Xavier Guchet, professeur des universités, enseigne la philosophie des techniques à l’Université de Technologie de Compiègne. Il vient de publier La médecine personnalisée. Un essai philosophique (Les Belles Lettres, 2016).
Sandra Mercier est maître de conférences des universités – praticien hospitalier dans le service de génétique médicale du CHU de Nantes.
Arnaud Poitou, professeur des universités, est directeur de l’École Centrale de Nantes. Il a précédemment dirigé l’Institut de recherche en génie civil et mécanique, le GeM.
Guillaume Durand est maître de conférences en philosophie à l’Université de Nantes, membre de la Consultation d’éthique clinique du CHU de Nantes et de la Clinique Jules Verne.

— Jeudi 1er décembre à 20h30 / Entrée libre

Spectacles au lieu unique dans le cadre de NOS FUTURS :
— Primitifs de Michel Schweizer, mardi 29 novembre à 20h30, de 12 à 22€
— Corps diplomatique de Halory Goerger, vendredi 2 décembre à 20h30 et samedi 3 à 19h, de 12 à 22€