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WELCOME TO MY WORLD
daniel johnston

du 7 avril au 20 mai 2012
création entrée libre

revue
de
presse

interview

MARDI-SAMEDI : 13H-19H
DIMANCHE : 15H-19H

Conçue en étroite collaboration avec Daniel Johnston, ses proches et la galerie nomade Arts Factory, l’exposition Welcome To My World ! est l’occasion rare de revenir sur l’oeuvre d’un artiste culte de la scène alternative américaine, considéré comme le père putatif de l’anti-folk et soutenu par Sonic Youth, Larry Clark, David Bowie ou encore Matt Groening.

Présentant plus de 200 pièces en provenance de différentes collections : dessins originaux, carnets de croquis, documents d’archives, fan mails! Cet ensemble inédit revient sur une oeuvre couvrant désormais trois décennies, et propose en contrepoint une précieuse immersion dans l’univers de l’artiste via l’exploration de son immense catalogue musical – plus de 500 titres enregistrés à ce jour – et la diffusion de documentaires, courts métrages et concerts filmés.

Adepte du Do it Yourself, Daniel Johnston enregistre ses premières chansons au tout début des années 80 sur des cassettes qu’il distribue ensuite dans la rue. Les désormais classiques Songs of pain, Hi How are you ? et Yip Jump Music paraîtront à l’origine sur ce format. Plusieurs apparitions sur MTV et le patronage intensif de Kurt Cobain vont permettre à Daniel Johnston de passer des enregistrements lo-fi de ses débuts à des albums plus élaborés à l’instar de Fun (1994), Rejected Unknown (1999) ou Fear Yourself (2002). La double compilation Discovered / Covered (2004) qui rassemble les versions originales de ses standards couplées à des reprises par Beck, Tom Waits ou encore Mercury Rev, et la sortie cinéma du documentaire de Jeff Feuerzeig The Devil and Daniel Johnston primé au Festival de Sundance (2005), ont par la suite largement contribué à élargir son public.

A cette même période, Daniel Johnston dessine déjà depuis quelques années, notamment pour impressionner Laurie, un coup de foudre à sens unique qui l’obsède depuis le lycée et qui est encore aujourd’hui une inépuisable source d’inspiration, au coté des Beatles, Brian Wilson ou Jack Kirby. Saluée par le monde de l’art contemporain avec de nombreuses expositions en galerie et une participation remarquée à la Biennale du Whitney Museum de New York (2006), la production graphique de Daniel Johnston est particulièrement foisonnante. Ses dessins – généralement réalisés de façon compulsive au feutre et au stylo bille – décrivent d’hallucinantes saynètes aux compositions implacables. Sur le papier, les héros des comics favoris du jeune Daniel (Captain America, Hulk, Casper le fantôme, etc.) reviennent livrer une lutte sans pitié contre les forces du Mal. Ils sont généralement secondés dans cette tâche par Jeremiah la grenouille et Joe le boxeur trépané, deux de ses principaux alter ego, qui renvoient régulièrement dans leurs cordes Satan en personne, des hordes de freaks nostalgiques de la croix gammée et de plantureuses tentatrices décidées à les éloigner du droit chemin.

Cette mythologie clairement manichéenne, associant de façon obsessionnelle références chrétiennes, historiques et culture pop, prolonge les thèmes intimement liés à la vie du chanteur. Elle ouvre par ailleurs d’autres pistes en évoquant la schizophrénie d’un american way of life que Daniel Johnston semble observer en éternel outsider.

Enfin, cet hommage ne serait pas tout à fait complet sans la venue de l’artiste, qui a confirmé sa présence à l’occasion du vernissage de l’exposition le vendredi 6 avril et pour un concert lors d’une soirée spéciale le samedi 7 avril 2012.

Commissaires de l’exposition : Patricia Buck (le lieu unique), Effi Mild & Laurent Zorzin (Arts Factory, galerie nomade)

Photo : © Daniel Johnston, Captain America and Casper, 2011
Photo – page précédente : © Daniel Johnston, Jeremiah the frog