En lien avec l’actualité dans le monde arabe
le lieu unique propose une conférence d' ALI EL KENZ, professeur de sociologie,suivie d'un
dialogue avec MIGUEL BENASAYAG, philosophe >>> dimanche 20 mars à 20h "Les sociétés du monde arabe, entre représentations et volontés"
Agir, n'est-ce pas le plus propre de l'homme : concevoir des fins, délibérer avec les autres sur les raisons de les choisir et sur les moyens de les accomplir, pour transformer le monde, autrui et soi-même, afin de vivre aussi bien que possible ?
Or, la condition démocratique de l'homme contemporain se caractérise par la perte d'autorité des instances qui légitimaient traditionnellement les normes de l'action (Dieu, la Nature, l'Histoire puis l'Homme lui-même). Cette perte engendre aujourd’hui un débat incessant et des combats récurrents à propos de la meilleure façon d'agir et donc de vivre, aussi bien personnellement que collectivement, comme en témoignent la libéralisation des moeurs et la rencontre des cultures, par exemple.
N'est-il pas alors nécessaire, pour plus de lucidité et de responsabilité, d'examiner à nouveau les finalités et les modalités de l'action humaine, tout comme ses capacités et ses limites, dans les grands domaines des rapports des hommes entre eux et au monde : l'art, la religion, la technique, la science, la politique, le droit, la morale et la philosophie elle-même ?
Avec : Emmanuel Barot, Édouard Beau, Miguel Benasayag, Jean Blaise, Fabienne Brugère, Sylvie Courtine-Denamy, Gilles Geneviève, Gilbert Hottois, Jean-François Mattéi, Yves Michaud, Marc Pavlopoulos, Bertrand Saint-Sernin, Bernard Stiegler.
partenariat média :
"Les sociétés du monde arabe, entre représentations et volontés" dimanche 20 mars à 20h
une conférence d' ALI EL KENZ,suivie d'un
dialogue avec MIGUEL BENASAYAG
L’émergence de l’Europe comme « centre du monde » a commencé vers le 17ème siècle avec la fondation des institutions politiques nouvelles. Soit, la modernité, liée à la souveraineté des peuples et les libertés individuelles qui débouchera sur la modernisation scientifique, technique et économique, ses bienfaits, le progrès, et ses avatars, les guerres civiles et internationales. A la sortie de la période coloniale, dans les années cinquante, les pays du monde arabe ont suivi une trajectoire différente, inversée même. Inaugurant le cycle nouveau par la modernisation, épuisant ces différentes étapes, celle de la construction de l’état puis de la nation, ils aboutissent à une sorte d’impasse que les représentations « néo wahabienne » du monde semblaient clore dans un « pessimisme » porteur à la fois de violence et de renoncement. Mais voilà qu’à l’occasion « d’événements » inattendus par leurs effets, le cycle s’ouvre et remet en activité les énergies collectives portées cette fois-ci par le principe de volonté et d’agir. La modernité devient alors l’enjeu central de la nouvelle histoire, avec ses exigences longtemps refoulées par l’idéologie de la modernisation. Citoyenneté, souveraineté du peuple, état de droit, libertés individuelles et collectives en sont les principaux repères.
Né en 1946 à Skikda (Algérie), Ali El Kenz a été maitre-assistant de philosophie puis professeur de sociologie à l’université d’Alger, ainsi que directeur de recherches au CREAD (Centre de recherches en économie appliquée au développement, Alger). De 1993 à 1995, il a été professeur associé à l’université de Tunis 1 ; depuis 1995, il est professeur de sociologie à l’université de Nantes. Son expérience de « Visiting Professor » à l’université de Princeton (USA) et de directeur de recherches à l’IRD (Institut de recherche pour le développement, Paris) ont contribué à la construction intellectuelle de l’IEA (Institut d’études avancées) de Nantes, où il est actuellement conseiller scientifique. Ali El Kenz a également occupé diverses fonctions à l’Association Arabe de Sociologie, au CODESRIA (Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique) et au Forum du Tiers Monde à Dakar.
Ses principaux thèmes de recherche concernent le travail, le développement, la sociologie des sciences, avec comme principaux lieux d’observation et d’analyse, l’Algérie, le monde arabe et l’Afrique. Il a publié et participé à de nombreux travaux de recherche dont : Le Maghreb : enlisement ou nouveau départ ? (ouvrage collectif sous la direction de Samir Amin, L’Harmattan, Paris, 1996), Le monde arabe : enjeux sociaux, perspectives méditerranéennes (avec Samir Amin, L’Harmattan, Paris, 2003), Ecrits d’exil (ed. Casbah, Alger, 2008).
Chercheur atypique et engagé dans la « nouvelle radicalité », Miguel Benasayag, aujourd’hui franco-argentin, a connu la prison et la torture sous la dictature argentine. Parmi ses très nombreuses publications, on peut citer, en collaboration avec Angélique Del Rey, Connaître est agir : Paysages et situations (2006), Eloge du conflit (2007) aux éditions de La Découverte. Il vient de publier Organismes et artefacts (2010) chez le même éditeur.
SAMEDI 19 MARS AGIR : SCIENCES ET TECHNIQUES - ART ET CULTURE
• 13h00-18h20 > L’ABéCédaire d’Agir
1e partie > 13 conférences de 20 mn
• 14h30-15h45 > Conférence : L’action à la croisée des sciences et de la métaphysique par Bertrand Saint-Sernin
• 15h00-17h00 > Atelier de discussion philosophique pour enfants : Philosopher pour agir par Gilles Geneviève
pour les enfants à partir de 7 ans
(réservation conseillée au 02 40 12 14 34)
• 16h15-17h30 > Conférence : De la technoscience à la bioéthique par Gilbert Hottois
• 18h00-19h15 > Conférence : Violence voulue et violence agie par Yves Michaud
• 20h30-22h00 > Projection : “Searching for Hassan”, un film d’Edouard Beau (France/Irak, coul, 2009, 61’)
Prix Premier au Festival International du Documentaire (FID) de Marseille
en présence du réalisateur
Situé au cœur des Rencontres, le Petit Salon, idéal le temps d’une pause, est un espace convivial autour : • d’une librairie par la librairie Vent d’Ouest au lieu unique • et d’un salon de thé par La Cuillère en Coin. Il vous accueille tout au long de ces trois journées.