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“Ainsi réconfortés par la tiédeur, nous regardons à la dérobée, de plus près ces pauvres morts qui se consument sans ennuyer personne. Jamais, en aucun lieu, en aucun moment, dans aucun acte, durant tout notre séjour indien, nous n’avons éprouvé un aussi profond sentiment de communion, de tranquillité, et presque de joie.” Pier Paolo Pasolini, L’odeur de l’Inde.
Le ghât des crémations de Bénarès est le lieu le plus sacré de l’hindouisme ; la mort y devient illumination, à l’image de ces linceuls, baignés d’une clarté presque divine. Loin de tout voyeurisme, de tout effet de reportage à sensation, c’est la beauté vraie et pudique de ce rituel qui émane des photographies de Serge Koutchinsky. Une beauté amplifiée par les chants mystiques qui aident l’âme du défunt à trouver la paix et par les danses dévotionnelles de la caste des Kamad. Le bhajan, chant religieux de l’Inde, est synonyme de dévotion. Les danseuses teratali sont les petites déesses colorées des temples du Rajasthan, dont la danse se mêle au sacré et au rituel du quotidien.
“Les Dom, les intouchables qui dirigent le ghât sont devenus mes amis. Les enfants qui peuplent ces lieux sont devenus mes complices. La mort m’est apparue plus douce. Shiva habite sur le ghât de Manikarnika. Il vient murmurer aux oreilles des défunts les phrases libératoires. L’offrande de son corps pour libérer son âme. Cette âme qui atteint le Nirvana arrêtant le cycle des réincarnations. Ne plus revenir sur Terre pour y souffrir un nouveau karma.” Serge Koutchinsky
Co-production Automne en Normandie / musée du quai Branly
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