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| RENCONTRES LITTERAIRES |
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Les auteurs invités de la librairie Vent d'ouest / Entrée libre |
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Saison 2007-2008 |
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André Schiffrin
un grand témoin
A l’occasion de la publication de son livre Allers-retours Paris-New York
Traduit de l’américain par Franchita Gonzalez-Battle, Ed. Liana Levi, 2007
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Fils du fondateur de La Pléiade, ami d’André Gide, contraint à l’exil en 1941, cet éditeur partage sa vie entre New York et Paris et affiche toujours son indépendance d’esprit. On se souvient en France de : L’Edition sans éditeurs (1999) et Le contrôle de la parole (2005). André Schiffrin étudie à Yale et Cambridge sur fond de maccarthysme et bénéficie du climat intellectuel créé par son père, proche d’Hannah Arendt. Pendant 30 ans au sein de Panthéon Books où il lui succède, il éditera des auteurs comme Chomsky, Duras ou Echenoz, traduira Foucault, Bourdieu…, avant de se retirer, insoumis face aux exigences de profit des actionnaires. En 1991, à 60 ans, il fonde The New Press où son anticonformisme et son engagement politique ne se démentent pas.
“Dans les grandes maisons d’édition, les actionnaires exigent un niveau de rentabilité inatteignable. En France, il y a des œuvres importantes qui ne trouvent plus à être éditées ou traduites…” André Schiffrin
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Du vendredi 9 au dimanche 11 novembre |
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Impressions d’Europe
3ème Rencontres littéraires européennes
Danemark, Norvège, Islande, les rencontres nordiques
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Des plateaux pour re-découvrir de grandes figures nordiques : Hans Christian Andersen, le philosophe Søren Kierkegaard, l’auteur du Monde de Sophie Jostein Gaarder…
Découvrir des écrivains d’aujourd’hui, les auteurs de polars Arnaldur Indridason, Leif Davidsen et Kjell Ola Dahl, ou le Danois Jens Christian Grøndhal et
le Norvégien Per Petterson pour ne citer que les plus connus.
Des films, un concert d’electro-jazz, des expositions de photos insolites comme celle de Rune Johansen, une Grande librairie nordique animée par la librairie Vent d’Ouest au lieu unique, un bar et un restaurant nordiques (saumon, Aquavit…).
Avec le soutien de : le Conseil régional des Pays de la Loire, la Ville de Nantes, le Conseil général de Loire-Atlantique, la DRAC des Pays de la Loire, le Centre national du livre
Renseignements : Impressions d’Europe
Tél./Fax : 02 40 12 42 37 - impressionsdeurope@wanadoo.fr
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Jeudi 6 décembre 2007 à 20h |
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© Henri Cartier-Bresson / Magnum |
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Relire Albert Camus
Par Denis Salas, magistrat, essayiste
Dans le cadre du cinquantenaire du Prix Nobel attribué à Camus
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Pourquoi relire Albert Camus ?
Parce que c’est le penseur des tensions inconciliables luttant contre les systèmes qui mutilent l’homme. Parce que sa voix unique continue de nous parler par le halo singulier de son écriture. Derrière le combat inlassable de « l’avocat de la créature vivante », contre les royautés illusoires des idéologies triomphantes de son époque, Camus prône une pensée modeste et adresse une fervente critique aux justices de son temps (coloniale, prolétarienne, totalitaire). Dans les années 50, Camus combat les terreurs concurrentes, celle du FLN à l’encontre des populations civiles, celles de l’armée française qui pratique la torture en Algérie. Il refuse les noces sanglantes de la répression et du terrorisme.
L’étude de la question du terrorisme telle qu’elle est traitée dans Les Justes, par un Camus lecteur de Dostoïevski, est celle d’une oscillation permanente entre le thème de l’innocence pure et celui de l’innocence pervertie. Il y aborde les seuils de légitimité. Opposant les meurtriers délicats au terrorisme radical, il s’obstine à vouloir que chacun reconnaisse les raisons de l’adversaire. Le propos s’élargit dans L’Etranger, où l’on trouve simultanément un ordre menacé par la dissidence de Meursault et l’expression d’une révolte contre la totalité des valeurs sociales. Son apport à l’analyse du phénomène est plus que jamais indispensable, ses prises de positions d’une brûlante actualité.
« Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. »
Albert Camus – Extrait de L’homme révolté
Denis Salas est magistrat, enseignant et chercheur à l'Ecole nationale de la magistrature. Il est aussi secrétaire général de l'Association pour l'histoire de la justice. C’est moins comme magistrat que comme essayiste qu’il va puiser dans la littérature pour nourrir son champ de recherche. Il a notamment publié : Les leçons d'Outreau, portrait d'une société en crise, Denis Salas et Antoine Garapon, essai, Le seuil, 2006 ; La volonté de punir, essai sur le populisme pénal, Denis Salas, col Pluriel, Hachette Littérature, 2005 ; Albert Camus, la juste révolte, biographie, Denis Salas, col. Bien Commun, Michalon Eds, mars 2002 ; Justice et psychiatrie, normes responsabilité éthique, Denis Salas et Claude Louzoun, col. Études Et Recherches, Ed. Eres, janvier 1998…
« … Ce que j’appelle le populisme pénal : un appel direct au « peuple », qui disqualifie totalement les institutions dans le règlement des problèmes de société. Au lieu de laisser la justice et la police intervenir et mener à bien leurs activités, lui (il) utilise l’émotion suscitée par le crime et se pose comme le dépositaire d’une volonté de révélation, de recherche instantanée de l’auteur. Ainsi, tout à la fois, il épouse la colère de la victime, discrédite les instances chargées de répondre à la violence et à la délinquance, et brouille les frontières de la démocratie en en appelant à l’opinion publique… »
Denis Salas, entretien avec Laurent Mouloud, 2005.
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Jeudi 17 janvier 2008 à 18h30 / musée des Beaux-Arts de Nantes |
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Lecture interactive
par Chloé Delaume de" La nuit je suis Buffy Summers" (Ed. è®e, oct 2007)
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L'hôpital psychiatrique dans lequel vous séjournez est en proie à l'agitation. Vos voisins de cellule sont fébriles, le personnel soignant tendu ; les rumeurs se répandent, les incidents se multiplient. Vous ne voyez pas le rapport entre le trafic d'organes orchestré par l'infirmière en chef et la dénommée Buffy Summers aka la Tueuse, héroïne de série télévisée. Pourtant vous allez devoir enquêter, survivre, et peut-être même sauver le monde.
En 1967, avec Un conte à votre façon, Raymond Queneau inventait l'exercice littéraire à contraintes, le récit évoluant au gré des choix du lecteur. Le schéma narratif du genre implique une méthodologie particulière, un recours à certains types d'outils durant la phase préparatoire, un travail rigoureux.
Dans La nuit je suis Buffy Summers un prologue, un didacticiel, une scène d'exposition et 59 séquences numérotées parmi lesquelles le lecteur évolue. Ce livre-jeu a pour matière la mythologie de la fiction télévisée : au départ Buffy Summers est l'héroïne de Buffy the vampire slayer, série télévisée culte comportant sept saisons, diffusée à partir de 1997 aux Etats-Unis, et de 1998 en France. Ce texte prolonge les expérimentations de Chloé Delaume autour de la notion de jeu et de sa confrontation à la littérature. Cette fois sous forme d'une déclinaison du "livre dont vous êtes le héros". Son pacte de lecture est particulier, son dispositif implique l'interaction. On y rencontre Clotilde Mélisse, personnage de fiction qui a vu le jour dans Certainement pas, double romanesque de l'auteure, écrivain activiste de profession, qui bien que s'affirmant personnage de fiction par nature, ne peut concrètement devenir une terroriste sans s'exposer aux réglementations d'une République n'ayant rien à voir avec les lettres. Clotilde Mélisse, personnage secondaire lors de sa première incarnation dans un livre, aspire de plus en plus à devenir un personnage de fiction autonome. Proche de Corpus Simsi et de Certainement pas (Ed. Verticales, 2004), c'est un roman ludique dont, cette fois, vous êtes le héros. Enfin, si vous êtes prêt à jouer ! Le but est de composer son propre parcours narratif, d'être concerné par la fiction en cours, d'être contraint à une forme d'action. Car minimiser la passivité face à toute forme de divertissement, y compris littéraire, fait partie de la démarche du projet.
Chloé Delaume naît à Paris en 1973. Après ses études de Lettres à la faculté de Nanterre, elle collabore à des revues, crée avec Mehdi Belhaj Kacem et Franck Laroze la revue littéraire "EvidenZ". Elle publie Les mouflettes d’Atropos (Farrago, 2000, Folio, 2003), Mes week-ends sont pires que les vôtres (Ed. Néant, 2001), Le cri du Sablier (Farrago/Léo Scheer, Prix Décembre 2001, Folio, 2003), Monologues pour épluchures d’Atrides (CIPM/ Spectres Familiers, 2002), La vanité des somnambules (Farrago / Léo Scheer, 2002) et Corpus Simsi (Léo Scheer, 2003).
Elle rejoint les éditions Verticales avec Certainement pas, son cinquième roman, en 2004. Elle publie depuis des texte de commande, Les juins ont tous la même peau (La Chasse au snark, 2005), superbe petit opus autour de Boris Vian ou Chanson de geste & opinions (Mac/Val). Travaillant par ailleurs régulièrement avec des musiciens électroniques, Chloé Delaume a développé entre 2004 et 2006 un cycle de performances autour du chantier J’habite dans la télévision (Verticales, 2006). En 2007 elle publie aux Ed. Naïve Sessions : La dernière fille avant la guerre, puis en octobre, aux Ed. è®e deux nouveaux textes courts : Transhumances (théâtre) et La nuit je suis Buffy Summers.
En partenariat avec la librairie Vent d'ouest au lieu unique et le Musée des Beaux Arts de Nantes
Pour en savoir plus sur l'univers littéraire de Chloé Delaume: http://www.chloedelaume.net
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Du ven.8 au dim.10 fév. 2008 Ven. 22h, sam. 21h45 et dim. 15h30 |
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Lecture
par Olivier Rolin de “Tigre en papier” (éd. Seuil, 2002, Prix France Culture 2003)
Avec la comédienne Chloé Rejon
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Dans le prolongement du cycle que nous lui consacrons à l’Université Pop’ les 30 janvier et 6 février, Olivier Rolin nous fait le cadeau d’une lecture de “Tigre en papier”.
C’est l’histoire de Martin, quinquagénaire, qui raconte à Marie, la fille de son ancien compère en coups d’éclats de la GP, mort depuis longtemps, ce que fut leur jeunesse à l’époque presque fabuleuse – la fin des années 60 – où l’on croyait dur comme fer à la Révolution.
Internet n’existait pas. Les supermarchés étaient une nouveauté. Pas de TGV ni de portables, ni câble, ni walkman. La télé était en noir et blanc, le président Pompe allait succéder à de Gaulle. Au Vietnam la “guerre du peuple” défaisait la puissance américaine, les impérialistes étaient des tigres en papier, la Chine était rouge pour l’éternité, le Che plus grand mort que vivant. L’Internationale serait le genre humain. C’était dans la nuit des temps...
Dans la DS Remember, voiture emblématique de ces années-là, qui tourne inlassablement sur le périphérique aux néons publicitaires, les signes mêlés du narrateur, dans un aller-retour volontaire entre l’hier et l’aujourd’hui, sont un témoignage sur l’histoire récente.
Olivier Rolin, écrivain et éditeur au Seuil, a publié des romans, des essais, des carnets de voyage, parmi lesquels “L’invention du monde” (1993), “Port-Soudan” (1994), “Suite à l’hôtel Crystal” (2004) au Seuil, “La Langue” (2000) aux éd. Verdier.
Chloé Rejon a joué sous la direction de Philippe Calvario, Bernard Sobel, Jean-Louis Benoît...
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du vendredi 8 au dimanche 10 février 2008 Vendredi à 19h |
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Lecture
par Pascal Quignard de son dernier ouvrage, “La nuit sexuelle” (éd. Flammarion, 2007)
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Prolongeant la réflexion singulière initiée avec “Le sexe et l’effroi”, puisant aux sources d’une iconographie de quelque 200 peintures à la richesse étonnante, cet opus fouille les régions refoulées de la mémoire et du langage, pose la question des origines et s’affronte à l’indicible. Entre l’étreinte et la naissance, l’humanité est la seule à faire un lien qui renvoie à la pénombre utérine. Au-delà des conceptions de Freud, Lacan, Bataille, Pascal Quignard interroge les grands récits mythiques et les images pour mettre en avant l’inhérence nocturne et nous faire partager sa vision du vivant.
Pascal Quignard est l’une des figures majeures des lettres françaises contemporaines. Son oeuvre compte plus d’une quarantaine de titres, romans, essais, prose poétique. “Tous les matins du monde” (Gallimard, 1991) l’a révélé au grand public. En 1994, il publie “Le sexe et l’effroi” (Gallimard), dans lequel il confronte la jouissance et le plaisir sexuel à l’effroi et à la peur de la pamoison dans le monde romain. Il a reçu le prix Goncourt en 2002 pour “Les ombres errantes” (Grasset), premier des cinq tomes du “Dernier royaume”, consacré à sa recherche sur le temps. Plus récemment, il a publié “Villa Amalia” (Gallimard).
“Je n’étais pas là la nuit où j’ai été conçu. Une image manque dans l’âme. On appelle cette image qui manque “l’origine”. Nous cherchons cette image inexistante derrière tout ce qu’on voit...” (Pascal Quignard)
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Autour de Lisa
Hommage à l’artiste Lisa Bresner
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Lisa Bresner, née à Paris en 1971, a écrit son premier roman à 20 ans et enseigné l'histoire de la civilisation chinoise. Nantaise depuis une quinzaine d’années, elle nous a quittés en juillet 2007 à l’âge de 35 ans.
Elle est l'auteur d’un « Lao Tseu » publié aux éditions Actes Sud. Elle a écrit d'innombrables livres : romans, livres pour enfants, essais...(*). Elle se lance dans le cinéma avec la réalisation d'un premier court-métrage « MISAKO », réalisé en janvier et sorti en été 2004. À l'automne 2007 est éditée, sous sa signature aux éditions Philippe Picquier, une bande dessinée intitulée « Ka », réalisée en collaboration avec Chen Jiang Hong pour les dessins.
En ce mois de mars 2008, Actes Sud Junior publie son roman posthume « 8H29 ».
Des lectures, des témoignages, ses images, des hommages sonores pour prolonger l’univers de Lisa
En présence de François Martin, éditeur de « 8H29 ».
L’éditrice Christine Morault de MeMo lira des extraits de Quatremers le Céleste où Lisa s'est inspirée de gouaches chinoises du premier tiers du XIXe siècle appartenant aux collections du musée Dobrée à Nantes.
Le poète Bernard Bretonnière et Alain Girard de la librairie Vent d’Ouest liront quelques pages de Vingt-trois délices, album d'un amateur (Gallimard), poésie oblige.
Karim Gabou met en musique une petite chanson interprétée par Lisa.
Rasim Biyikli du groupe Man met en musique les textes de Lisa lus par son éditrice Christine Morault.
Des lectures de Béatrice Templé, Marjorie Rousseau (sr).
Des moments musicaux de et avec Diane Nicol, Mériem Gabou.
(*) Voir bibliographie et filmographie sur le site :
http://lisabresner.free.fr/
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Mercredi 9 avril 2008 à 20H |
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Rencontre avec Pierre Silvain
Prix palette 2007
à la suite du cours de littérature de l'Université pop'
L'association Lignes de Fond(s) propose
Rencontre avec Pierre Silvain, Prix Palette 2007
animée par Tristan HORDE, critique littéraire, et les lecteurs
à propos de Le Colporteur, Ed Verdier, 2007
(ce livre fait aussi partie de la sélection 2008 du Prix des lecteurs nantais de l'Acener)
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Pierre Silvain a écrit plus de 40 romans et essais sur lesquels le temps semble ne pas avoir de prise. Son dernier récit, dédié au poète Lionel Bourg, pourrait devenir un de ces livres que se conseillent, avec le plaisir du secret, les amateurs de fiction. Loin des fracas de la rentrée littéraire voici un texte poli par un amour inébranlable de la lecture.
A travers Julien Letrouvé, colporteur, Pierre Silvain met en scène ce métier oublié qui fut longtemps le seul moyen pour la majorité d’approcher un livre. Le jeune homme est dévoré par l’amour de livres qu’il ne peut pas lire, toute éducation lui ayant été refusée. Persuadé de leur importance depuis son enfance quand, réfugié parmi les femmes, il écoutait les lectures de la veillée, il erre avec sa boîte, sans chemin tracé, poursuit sa quête d’un appétit à combler. En passant par Rethel et Valmy, dans les campagnes pluvieuses de Champagne Ardennes, Julien Letrouvé colporte des livres au gré de ses errances. Voyageur infatigable, il reste sourd aux bruits du monde qui l’entoure, aux canons qui menacent, et poursuit son chemin, porté comme en rêve par le secret qu’il transporte. Nul ne sait d'où vient cet homme qui marche, nul ne sait où il va, sinon, peut-être, rejoindre, au bout de son errance, une femme qui l'attend dans son imagination égarée : celle qui lit les livres.
On oublie que la large diffusion du livre est récente au regard de l’histoire de l’écrit. Un grand succès de libraire au milieu du XVIIIe siècle était vendu à 1500 exemplaires et la majorité de la population n’y avait pas accès. De 1635 à 1723, les imprimeurs des livres de la bibliothèque bleue se multiplient. Ces petits livres bleus sont l’oeuvre d’auteurs anonymes ou fictifs, toujours soucieux des goûts d’un public populaire. La vente de ces ouvrages est assurée par les colporteurs, d’abord en milieu urbain puis dans les campagnes.
" Ils allèrent à l’une des tables de cuisine, pleines d’entailles, sombres et tout en longueur, faisant office de présentoirs… M. Garnier laissa courir un regard amoureux, comblé, sur les exemplaires les plus demandés de sa Bibliothèque bleue. Il n’était pas sûr que Julien Letrouvé se fît, ainsi que lui, une idée assez haute de son métier, de la marchandise particulière qu’il colportait et par là de l’espèce de mission qui lui était tacitement dévolue. Mais pouvait-on savoir, Julien Letrouvé se livrait avec tant de retenue, et s’il avait eu un mot à dire pour dissiper les incertitudes que ses silences entretenaient, aurait-il su trouver celui qu’il fallait ? Aussi, quand il déclara avec assurance que cette fois il ne prendrait que les contes, les légendes et les romans, à l’exclusion de tout ce qui était calendriers, prédictions, vie des saints et des rois, recettes et médecines, chansons, féeries et diableries, cantiques, manuels de bonne préparation à la mort, jardins de l’honnête amour et tant d’autres qu’il laissait à ses confrères les mercerots qui ne faisaient pas tant de manières pour se charger du tout-venant, M. Garnier eut-il le sentiment de voir surgir des ténèbres d’incompréhension qui la lui avaient cachée la face insoupçonnée d’un jeune homme à la volonté duquel il se prit, sidéré, à répondre d’un secouement de tête, en signe d’approbation. C’était, à n’en point douter, l’époque qui lui fournissait de tels motifs de perplexité qu’il se proposait d’approfondir plus tard...." Pierre Silvain
Né au Maroc, il passe son enfance dans le bled, fait ses études secondaires à Casablanca, rejoint l'école des Beaux-Arts, et suit des études de droit à Rabat, à l’issue desquelles, parallèlement à ses activités littéraires, il fait carrière dans l’administration des Finances . Après l’indépendance du Maroc, il rejoint Sarrebruck puis Paris, voyage en Chine l’année précédant la Révolution Culturelle, aux États-Unis, où il rencontre Carson McCullers, à laquelle il dédie La Fenêtre. Il collabore à la revue Réalités secrètes, puis effectue d'autres voyages, au Japon, en URSS, au Proche-Orient, en Ouzbékistan, en Europe Centrale. Compagnon de Claire Malroux, la traductrice d’Emily Dickinson, il est membre fondateur de l’Association Noésis, pour le développement des cultures francophones et hispanophones, et a été membre du PEN-Club.
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« Bienvenue dans un monde meilleur, comme dit la pub… »
Nombre d’experts, de commentateurs et de décideurs l’appellent de leurs vœux, en font l’alpha et l’oméga du pouvoir d’achat et du plein emploi : le retour à la croissance est urgent. La croissance est devenue un mot d’ordre, un ordre, pour ne pas dire l’ordre naturel des choses. Nous l’attendons comme la manne céleste, notre bonheur lui est indexé.
Urgente, la croissance ? Cela reste à voir. Nécessaire ? Cela dépend pour qui. La pensée dominante lui confère des pouvoirs quasi magiques pour résoudre les crises de notre monde : pollution, paupérisation, recul démocratique…
Mais ces crises ne sont-elles pas LA crise de croissance, précisément, d’un monde devenu incapable de la maîtriser ? S’il y a urgence aujourd’hui, c’est d’y voir clair, d’en débattre et d’agir vite. Le progrès ne constitue-t-il pas en effet le risque majeur pour la survie de l’humanité ? Qu’en pensent les intellectuels ? Que nous disent les « objecteurs de croissance » et ces militants qui refusent l’emprise des nouvelles technologies sur notre vie quotidienne ? Qui sont ces écrivains qui s’engagent corps et âme pour l’écologie ? Pourquoi sont-ils presque tous américains ?
Impressions d’Europe vous invite à participer à deux journées de rencontres et de débats, loin des idées reçues et des invectives démagogiques.
Merci à nos invités, philosophes, économistes, universitaires, journalistes… ancien ministre et bien sûr écrivains qui nous viennent de très loin, des grandes forêts et vastes plaines du Montana, pour cette confrontation des idées. Et merci à nos partenaires publics et privés d’avoir permis, par leur soutien, cette manifestation. À défaut de réponses durables, gageons qu’elle allume la mèche d’une urgente prise de conscience.
Yves Douet,
Directeur de l’association Impressions d’Europe
Renseignements :
Impressions d’Europe - 2, rue du Roi Albert - 44000 Nantes
Tél./Fax : 02 40 12 42 37 - Mèl : impressionsdeurope@wanadoo.fr
Contacts : Yves Douet, Directeur - Patrice Viart, Coordinateur
Organisation :
Avec le soutien du Conseil régional des Pays de la Loire et de la Ville de Nantes.
Avec la participation du Consulat des Étas-Unis pour le Grand Ouest.
Avec le concours du lieu unique et de la Librairie Vent d’Ouest à LU.
Avec le mécenat d’Optique Claireux, Nantes.
Avec le partenariat de Ouest France et de Télénantes.
Merci à Oliver Gallmeister pour sa précieuse collaboration.
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Mercredi 21 mai 2008 à 19h | Entrée libre |
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Bernard Comment
A la suite du cours de littérature consacré à Pierre Guyotat par l’écrivain Bernard Comment,
Bernard Comment dialoguera avec son éditeur Bernard Martin (Joca Seria), à propos de son livre Tryptique de l’ongle (2008).
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Bernard Comment est auteur de plusieurs romans, chez Christian Bourgois : « L’ombre de mémoire » (1990), « Florence, retours » (1994) et « Le colloque des bustes » (2000), « Comme un poisson hors de l’eau » (Seuil, 2004) ; récits : « Eclats Cubains » (Ed. Verticales, 1998), « Même les oiseaux » (1998), et essais : « Roland Barthes, vers le Neutre » (1991)… Il est auteur de théâtre, traducteur d’Antonio TABUCCHI, co-scénariste de 4 films avec Alain Tanner et directeur de la collection Fictions et Cie aux Ed. Seuil.
Il vient de publier « Entre deux. Une enfance en Ajoie » (oct 2007, collection Originaires, avec des photographies de Jacques Bélat) et « Triptyque de l'ongle », roman, chez Joca Seria (mars 2008) avec des illustrations couleur de Groune de Chouque et une Postface d'Antonio Tabucchi. Entre New York 2008 – Rome 1994 – Gênes 1995, il s’agit de la performance d'un artiste contemporain s'exerçant sur des chômeurs en fin de droit. Une fable extrêmement glaçante qui s’en prend à l‘époque à travers le prisme du directeur d'une institution française à l'étranger, d'une figurante à New York et de l'artiste lui-même…
http://www.jocaseria.fr/
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