| SCENOGRAPHIE
de PATRICK RAYNAUD |
| Patrick Raynaud,
artiste français né en 1946, à qui a été
confiée la responsabilité plastique du Grenier du Siècle,
travaille depuis une quinzaine d'années sur les notions d'emballage
et de conservation, de stockage et de déplacement des objets
d'art, des objets quotidiens, des idées. Son
intervention se situe entre le moment de l'arrivée des objets
sur le site et la fermeture du Grenier : les procédures d'emballage,
le choix des matériaux de calage, le type de boîtes
et de conteneurs, les modes d'empilement, les outils de manutention
et la scénographie des événements ainsi que
l'aspect définitif du mur de verre et de métal. L'ensemble
entre dans la catégorie de travaux que l'artiste nomme "archéologie
du futur" : une préparation des objets de notre vie
quotidienne en vue de les transmettre dans le meilleur état
possible aux futures générations. |
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| A une toute
autre échelle (moins monumentale), des commandes de ce type
lui ont déjà été passées sur d'autres
sites : Delphes en Grèce (Institut Européen), Bursa
en Turquie (Université), Neuchâtel et Tel Aviv ("Les
Fouilles") qui insistent à la fois sur la vanité
des choses de ce monde (le "Memento Mori" reconnaissable
à travers toute l'histoire de l'art, et notamment la peinture
du 17ème siècle - Les "Vanités"). Mais
aussi, à l'inverse, sur la pérennité de la créativité
et de l'émotion humaine, l'homme s'ingéniant sans cesse
à redessiner les objets qu'il utilise, quand il ne les réinvente
pas, à fabriquer de nouvelles images pour satisfaire son appétit
boulimique, jusqu'à en faire les biens les plus précieux
de la terre : toute cette beauté que l'on pourrait croire à
bien des égards "inutile" et qui se négocie
en millions de dollars sous le marteau des commissaires priseurs.
Car l'art n'est pas seulement ce qu'en font les artistes, il est aussi
et surtout ce que les hommes lui reconnaissent de représentativité
par rapport à eux-mêmes. Sans doute, au temps des pharaons,
le modeste sculpteur ou le ciseleur de telle petite cuillère
était-il socialement infiniment moins considéré
que tel puissant ministre ou riche négociant. |
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| Les siècles
ayant passé, seuls restent les travaux des artistes et des
artisans (des "designers" d'aujourd'hui). Car la civilisation
et la pensée des hommes s'inscrivent de façon indélébile
dans les objets et les images qu'ils produisent. Ce sont ces objets
et ces images que le Grenier du Siècle se propose de propulser
intacts dans le temps, et Patrick Raynaud qui a souvent travaillé
en partenariat avec les grands emballeurs-layetiers du monde de l'art
(La Maison Chenue, par exemple qui fut créée sous Louis
XV) se charge de les mettre en forme pour que traversent le siècle,
simultanément, notre goût, nos idées, nos préoccupations,
nos émotions, nos amours, notre vie même. Patrick
Raynaud a participé depuis 1980 (première exposition
collective à l'ARC, Musée d'Art Moderne de la Ville
de Paris) à plus de 200 expositions collectives et personnelles
dans de nombreux pays, et répondu à une vingtaine
de commandes pour l'espace public (Paris-Forum des Halles, Hambourg-Gare
Centrale, Israël-Tel Haï, Villeurbanne, Tarbes, etc.).
De nombreux catalogues et publications lui sont consacrés
("Sculptures" Jacques Damase éditeur - "Les
Années 90" Cantz éditeur, RFA - "Karavanserei"
Stadt Galerie de Saarbrücken, etc.). Une exposition personnelle
lui est consacrée actuellement à Paris (Galerie Patricia
Dorfmann). On pourra le retrouver en octobre 1999 au musée
de Haifa en Israël, avant qu'il ne commence à prendre
en charge le Grenier du Siècle dans les locaux de la Madeleine.
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