Dance-Park

Yves-Noël Genod

Un espion vieux comme le monde

« Le plaisir de faire (ou de défaire) un spectacle idéal. Yves Godin a construit un espace en bois et en lumière, une sculpture très belle (qui se suffit à elle-même) et Olivia Grandville m’a invité à y produire une forme. « Ce serait bien qu’il y ait du monde », m’a-t-elle dit. On a donc rencontré du monde, j’adore les castings. Yves aurait préféré, je crois, que je sois seul. Je serai donc seul avec du monde, des invités. Je l’ai déjà fait plusieurs fois. Mes premiers one man shows étaient entourés d’une fine équipe, pas des moindres, Jonathan Capdevielle, Julien Gallée-Ferré, Thomas Scimeca pour ne citer que les premiers de la liste, les vétérans. La difficulté, ici, c’est que la forme sculptée par Yves est plus belle sans public (ou avec très peu de public). Encore une fois, il s’agit donc de trouver une astuce — une sacrée astuce — pour que — comme par la gnose — le public s’évapore, se spiritualise, se diffuse en particules, s’immatérialise en quelque sorte et que le lieu du passage, lui, phosphore dans l’obscurité. « Rien n’aura eu lieu que le lieu » écrit Mallarmé. »

Yves-Noël Genod a toujours joué, mis en scène, tout d’abord avec Claude Régy et François Tanguy puis avec Loïc Touzé. Il développe un théâtre dont on aurait enlevé le drame, l’action et dont il ne resterait que la poésie, le fantôme, la trace.

Selfie de Dominique Issermann (qu’on aperçoit dans l’écran de la lunette)

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