scena madre*

Ambra Senatore

Déformation, découpage, transposition de l’espace et du temps, Ambra Senatore décline à travers les codes du 7ème art de nombreuses histoires – ou plutôt des fragments d’histoires qui se répondent, se superposent et composent une subtile partition chorégraphique. 

La directrice du CCN de Nantes, dont on a pu découvrir le réjouissant Pièces l’année dernière, emmène les spectateurs dans l’univers cinématographique qui est devenu, presque malgré elle, une de ses marques de fabrique. Pour sa nouvelle création (présentée au festival d’Avignon 2017), la chorégraphe qui est souvent comparée à Jacques Tati pousse encore plus loin l’approche cinématographique : le spectateur se retrouve plongé dans l’atmosphère des salles obscures, tandis que la construction du spectacle rappelle le travail de montage.

La danse impose un rythme dynamique et se nourrit d’éléments de réalité. Répétition de gestes, dialogues anodins, contresens, effets de zoom s’entrechoquent ici joyeusement et créent un rythme narratif quasi mélodique : les sept danseurs se projettent dans un espace-temps fragmenté et, à travers leurs histoires individuelles, évoquent la différence, l’humanité et les relations entre les hommes, thèmes si chers à Ambra Senatore.

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