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Martine Pisani

Sans décor, sans musique, sans variation de lumière et sans artifice : Martine Pisani fait table rase de tout pour mettre en lumière les interstices, les petits riens, les maladresses, les actes manqués… Le dénuement est pour la chorégraphe française une manière d’accéder – et de faire accéder le public – à l’essence du mouvement.

Dans cette pièce créée en 2000, trois admirables danseurs, tout en souplesse et jeux de jambes caoutchouteux, occupent la scène à la seule force de leur dégaine et de leur corps. Leurs mouvements ont l’air simple, leurs gestes empruntés au quotidien. Il y a des trébuchements, des faux pas, des déhanchés hasardeux et des pas sautés qui semblent fortuits mais qui contiennent mille danses.

Avec finesse et humour, Martine Pisani met ses danseurs à nu et braque le projecteur sur ces zones frontalières du mouvement : l’hésitation, l’inconscient.

Il y a du burlesque dans ce spectacle dépouillé, du Buster Keaton dans ces combinaisons de gestes pétillantes, de la magie dans les mains de celle qui, avec rien, fait tout.