Rentrer au volcan

Augustin Rebetez

Photographe et plasticien, Augustin Rebetez signe ici sa première mise en scène : un univers infernal peuplé d’êtres hybrides humains-animaux-végétaux. C’est absurde, carnavalesque, parfois grotesque, une grande fête un peu violente qui fait rire et peur à la fois.

Sur le plateau, un grand paravent occupe l’espace central : en planches de bois épaisses percées de portes, il est malmené, ouvert, fermé, claqué, tapé. Il découpe l’espace en petites scènes, révèle des surprises d’un côté, cache des choses de l’autre… Ces mouvements imprévisibles créent un univers qui se dérobe, où le réalisme n’a aucune place.

Dans une mise en scène de bric et de broc qui croise musique, danse et performance, les pulsations sourdes de l’environnement sonore répondent au carnaval délirant des monstres en folie. On pense à Jérôme Bosch ou à Lautréamont dont les histoires, comme celles que raconte Rebetez, réaniment des vieilles peurs innommées, des névroses enfouies. Armés d’une poésie anarchique dangereuse, le plasticien et ses comparses annoncent la couleur : « nous travaillons pour l’imaginaire, et sa conquête sera multi-explosive ».