Les pratiques somatiques, boîte noire de l’histoire de la danse ?

Conversation avec Géraldine Gourbe, Fabienne Compet et Julie Nioche

Depuis les années 70, le terme somatique renvoie à un ensemble de méthodes qui ont pour but d’observer les interactions entre notre conscience, notre état de corps et notre environnement. Ces pratiques portent le nom de technique Alexander, Méthode Feldenkrais, Body Mind Centering, Eutonie, etc. Nombre de ces approches prennent racine dans une histoire de l’entre-deux-guerres favorable aux expérimentations sociales et culturelles : une alternative à l’industrialisation des villes, la montée en puissance des puissances coloniales européennes et la pensée marxiste. Ces pratiques somatiques ont connu des usages multiples notamment dans les champs de la pédagogie, le soin alternatif et la création chorégraphique. Dans le domaine de la danse contemporaine, elles ont souvent été considérées comme accessoires ou alternatives à la formation du danseur et sont souvent restreintes à une modalité d’échauffement sans que soit interrogé ce qui, en elles, active un lieu ressource pour la création. Elles ont pourtant œuvré depuis leurs origines, fin du 19e siècle, à de nombreuses formes inventées, dansées, et constitueraient la « boîte noire » de l’histoire de la danse.

Géraldine Gourbe, Fabienne Compet et Julie Nioche reviendront sur les liens qu’entretiennent les pratiques somatiques avec la création chorégraphique, les pédagogies nouvelles et une écologie du corps.

En partenariat avec le CCN de Nantes