Le Consort & David Chalmin

Sept Particules (Purcell,Telemann, Händel...)

Entre ses nombreuses collaborations et son groupe de rock Triple Sun, David Chalmin arpente indistinctement les champs des musiques écrites ou populaires. Le premier des trois programmes que le compositeur français propose cette saison au lieu unique le voit écrire pour l’ensemble baroque du claveciniste Justin Taylor. 

D’où vient l’idée de la pièce Sept Particules ?

Elle vient de ma volonté d’écrire une pièce contemporaine pour des instruments baroques accompagnés de guitare et d’électronique. J’ai décidé de composer une œuvre en sept mouvements pour un ensemble constitué de sept musiciens, autant de particules élémentaires qui constituent la matière première de ma musique. Quand je suis allé écouter l’ensemble Le Consort, j’ai compris que ce serait le groupe idéal : ils ont une immense sensibilité et au-delà de leurs talents individuels, ils savent jouer ensemble et s’écouter.

Qu’est-ce que l’électronique permet ici que d’autres instruments ne permettent pas ?

L’électronique fait partie de mon langage musical et des sons que j’aime entendre, tout comme les instruments baroques. Je trouve dommage que l’on cantonne souvent ces derniers à la musique ancienne alors qu’ils offrent des sonorités incroyables. L’électronique me permet de m’approcher d’eux. J’essaie de créer des sons vivants, organiques, proches des instruments acoustiques et j’aime jouer sur l’ambiguïté de la source sonore. Dans cette idée, l’électronique me permet également de retraiter en temps réel le son des autres instruments afin de créer de nouvelles textures. À certains moments de la pièce, on ne sait plus si la note provient d’un instrument baroque ou de mes synthés modulaires.

Quels liens établissez-vous entre la musique baroque et des formes plus contemporaines comme le minimalisme ?

Je ne sais pas si les liens sont directs. Ce sont deux univers qui m’influencent énormément et en ce sens, il était naturel pour moi de les mélanger. En revanche, je sais que les musiciens baroques ont une grande tradition d’improvisation ainsi que des liens forts avec les musiques populaires, ce qui les rend plus susceptibles de s’intéresser à des formes contemporaines post-minimalistes. L’harmonie consonante est également un point de rencontre important, il s’agit de deux univers dans lesquels on est touché par le même type de tensions/résolutions.

En tant que musicien, producteur ou ingénieur du son, vous avez multiplié les projets et collaborations dans des registres musicaux très différents. Quelle influence cet éclectisme a-t-il sur votre travail de compositeur ?

C’est pour moi une immense influence.

À chaque nouvelle collaboration, j’observe en détail le travail d’artistes que j’admire et respecte énormément. Je contribue derrière la console et en tant qu’oreille extérieure, mais j’occupe surtout une place privilégiée pour apprendre aux côtés d’artistes formidables tels que Katia et Marielle Labèque, Bryce Dessner, Shannon Wright ou encore Matt Elliott. Tous évoluent dans des univers musicaux très différents, mais pour moi c’est une seule et même chose et j’aime que ces mondes se rencontrent, s’affrontent et finissent par s’aimer dans ma musique. Enfin j’espère !

Extraits d’une interview réalisée par Vincent Théval

Programme :

– Sept Particules

– Purcell : Here the deities approve, ground pour clavecin

– Purcell : Sonate of Four parts Z 807    10′

– Dandrieu : Sonate en trio en sol min op.1 #3  8′

– Händel : Sonate en trio en si min pour traverso et violon Hwv 386b

– Telemann : Sonate pour traverso et hautbois TWV 42:e2 12′

– Corelli : Sonate en Sol Majeur op. 2 #12 (Chaconne)

– Merula : Chaconne 3′

En coréalisation avec La Cité des Congrès de Nantes, dans le cadre de la saison baroque.

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