La prison comme porte-voix : Thoreau et la désobéissance civile

Rencontre-débat avec Angélique Thébert

La société n’aime pas ceux qui vivent à la marge. Pourtant, elle les sanctionne en les confirmant dans cette mise à l’écart : en les mettant en prison. Henry David Thoreau, poète et philosophe d’une Amérique asphyxiée par l’esclavagisme et l’esprit de commerce, en a fait l’expérience une nuit de juillet 1846. Mais cette tentative de le faire taire a été le tremplin pour lancer un appel universel à la résistance. Elle est à l’origine de l’écriture de son essai « Résistance au gouvernement civil », pamphlet contre le gouvernement et ses citoyens-complices, et source d’inspiration pour les « désobéissants ». Et si c’était dans ces supposés « non-lieux », dans ces voies de garage, que la voix portait le plus ? Et si c’était dans le confinement du cachot que l’amour de la liberté et de la justice résonnait le plus ? Saisissons l’occasion de réfléchir sur le lien entre l’expérience carcérale et le développement d’une éthique de la désobéissance civile.