Immensity of the Territory

Charles-Henry Beneteau, Christophe Havard et Anthony Taillard

 

En images et musique(s), Charles-Henry Beneteau, Christophe Havard et Anthony Taillard offrent sous la bannière Immensity of Territory leur vision fantasmée des grands espaces américains. Cette fois, ils ont exploré le Nord pour offrir un nouveau road movie musical aux accents littéraires.
En voiture !

 Comment est né Immensity Of Territory ?

Nous avons collaboré tous les trois à des installations-concerts qui mélangeaient formes plastiques, scénographie et guitare préparée, organisées par l’association Volume Collectif. Suite à cette expérience, on a fantasmé ce projet de la guitare préparée et des espaces américains, sonores comme visuels. D’autant que nous partageons une passion commune pour la culture américaine. On a réalisé le premier volet en 2008, on est reparti en 2010 plein ouest, encore plus loin dans le fantasme des grands espaces, façon Paris, Texas. Cette fois, nous avons exploré le nord : le Missouri, le Montana, le Michigan et les forêts canadiennes.

Cette troisième aventure donne lieu à des nouveautés.

Pour le film, on a fait appel à des monteurs de profession, Nguyen et Bertrand, car on voulait dépasser nos limites techniques. Les deux premiers volumes étaient plus statiques, assez contemplatifs. Cette fois, on voulait un résultat plus dynamique, plus narratif. Et on se retrouve avec des petits moments de cinéma qui nous plaisent beaucoup. Il y a aussi les voix des auteurs, un paramètre artistique important. Auparavant, les voix étaient toujours des phonogrammes, de la matière collectée dans une rue, dans un magasin. Là, on a enregistré les écrivains Marvin Tate à Chicago, ou Joe Wilkins, qu’on a rencontré à Missoula, une étape importante du voyage puisqu’elle signifiait la rencontre avec la littérature, avec l’école du nature writing.

Comment travaillez-vous : les sons, la musique suggèrent des images, les images suggèrent la musique ?

On laisse la porte ouverte aux rencontres avec les paysages, avec les phonogrammes… Nous collectons la matière de façon spontanée. Cela dit, pour ce troisième volet, nous sommes partis avec quelques idées musicales, à partir de la guitare modifiée, qui est notre fil rouge.

Comment définir votre spectacle : concert, expérience, invitation au voyage ?

Invitation au voyage nous convient bien. Dès 2008, on avait envie de plonger le spectateur dans cet état du départ en vacances, lorsqu’on est gamin : ton père conduit alors que tu as la tête posée contre la vitre et que le paysage défile. En discutant avec le public, on s’aperçoit que chacun fait son propre voyage, par rapport à ce qu’il entend, à ce qu’il voit. Certains vont se concentrer sur des images, d’autres sur des sons, et tous rebondissent sur leurs expériences personnelles. Alors, les gens nous parlent de leur propre narration, qui n’a rien à voir avec la nôtre ! Or, il est important pour nous de ne pas être dans des formes qui imposent une vision unique.

Interview réalisée par Christophe Basterra

vous aimerez peut-être...