Einstein on the Beach – Philip Glass – COMPLET

Suzanne Vega, Ensemble Ictus & Collegium Vocale Gent

** Le concert est complet, mais n’hésitez pas à tenter votre chance le soir même, il arrive que quelques places se libèrent **

Œuvre majeure composée par Philip Glass et mise en scène par Robert Wilson, présentée pour la première fois au public au Festival d’Avignon en 1976, Einstein on the Beach a révolutionné l’opéra contemporain, autant par le fond que par la forme.

Plus de quarante ans après, ce spectacle – réinventé ici en version concert par la voix de la chanteuse Suzanne Vega, l’Ensemble Ictus, le Collegium Vocale Gent et la plasticienne et scénographe Germaine Kruip – a gardé tout son pouvoir de fascination.

Lorsque ce spectacle fut présenté pour la première fois à Avignon en 1976, les idées de mise en scène de Robert Wilson en avaient décontenancé plus d’un. Faisant fi des règles les plus élémentaires, le metteur en scène avait en effet demandé aux artistes d’être sur scène au moment où les spectateurs entraient dans la salle, interloqués. L’approche musicale de Philip Glass, qui signait ici son premier opéra, et la chorégraphie, qui s’appuyaient sur un mode constant de répétitions / légères variations pendant les quatre actes de l’œuvre, avaient encore un peu plus renforcé la perplexité.

En 2019, cette rencontre de la musique minimaliste américaine et de l’opéra reste unique en son genre et les idées de mise en scène continuent d’étonner, à l’instar de celle de laisser les portes de la salle grandes ouvertes afin que le public puisse aller et venir à sa guise pendant la représentation. C’est la chanteuse américaine Suzanne Vega qui tient le rôle de la narratrice, alors que l’Ensemble Ictus et l’ensemble vocal de Gand, célèbre pour ses enregistrements des cantates de Bach, interprètent avec brio cette musique hypnotique et répétitive jusqu’à créer un véritable “bain de son“ à la fois radical et frais pour l’auditeur-spectateur. L’artiste Germaine Kruip, par un jeu de lumières subtil, fait en sorte que la « frontière » entre la scène et le public s’estompe. Le spectateur est alors plongé physiquement dans l’atmosphère post-apocalyptique du roman On the Beach de Nevil Shute, qui parle de la destruction nucléaire de l’humanité et sert de base à cet opéra dont le propos n’a, en nos temps de troubles écologiques, rien perdu de sa vigueur.

Einstein on the Beach reste donc, pour notre plus grand plaisir, cet OVNI sans pause ni intrigue, où l’orchestre allie synthétiseurs et instruments « classiques », où le chœur ne chante que des nombres et des noms de note, mais qui ouvre les portes d’un nouvel univers. Inclassable, surprenante, fascinante : cette œuvre est une véritable expérience, autant visuelle qu’auditive.

En partenariat avec La Soufflerie – Rezé