Data, Mossoul

Josephine Serre

** Abonnez-vous **

Dans une épopée futuriste qui entremêle quatre récits et des éléments historiques, Joséphine Serre aborde les thèmes de la mémoire et du temps.
Un voyage entre l’Irak et les  États-Unis, qui relie l’empire assyrien à un avenir imaginé. 

« L’Europe moderne est habitée par une crainte contradictoire, qui nous tourmente encore. D’un côté, l’effroi devant la prolifération incontrôlée des écrits, l’amas des livres inutiles, le désordre du discours. D’un autre, la peur de la perte, du manque, de l’oubli. »

Patrick Boucheron (citant Roger Chartier), Ce que peut l’histoire

Data, Mossoul se situe à mi-chemin entre la série Black Mirror et Babel, le thriller d’Iñárritu. Dans un data center, aux États-Unis en 2025, Mila Shegg est ingénieure en informatique et travaille pour un grand moteur de recherche privé (toute ressemblance avec une société existante serait fortuite). Elle cherche également à reconstituer les souvenirs de trois ans d’amnésie, durant lesquels il semble qu’elle ait connu une ville dont la mémoire a elle aussi été effacée… Cette quête entre mémoire intime et amnésie collective la mène sur la piste d’un motel abandonné, dans lequel elle fera la rencontre d’un nouveau type de résistants.

De l’écriture cunéiforme au code informatique, des écritures sacrées aux notes du quotidien, le texte est omniprésent dans notre civilisation. Le pouvoir de la parole et de l’écrit est-il cependant assez fort pour contrer l’effacement dû au temps ? Plusieurs récits ont inspiré Joséphine Serre, que ce soit L’Épopée de Gilgamesh, roi mythique sumérien en quête d’immortalité, ou l’histoire, entrevue dans un documentaire, d’un homme qui avait entrepris de recueillir des centaines d’écrits anonymes. En parallèle de l’exploration intime, se dessine la question de la production des récits, qu’ils soient fictionnels ou historiques.

vous aimerez peut-être...