Bryce Dessner

Connu en premier lieu comme guitariste au sein du groupe de rock américain The National, Bryce Dessner est aujourd’hui reconnu comme compositeur à part entière, avec un répertoire d’œuvres orchestrales ou de musique de chambre. Aventureux, stimulants et accessibles, son travail et sa vision seront au cœur des deux prochaines saisons du lieu unique.


Bryce Dessner est l’un des compositeurs les plus en vue de sa génération. Connu pour son activité de guitariste au sein de The National, il est aussi un acteur majeur de la scène musicale contemporaine.
Ses pièces pour orchestre, ses compositions de musique de chambre, ses œuvres vocales et ses créations multimédia ont été commandées par le Los Angeles Philharmonic, l’Ensemble Intercontemporain, le Metropolitan Museum of Art (pour le New York Philharmonic), le Kronos Quartet, le festival Next Wave à Brooklyn (BAM), le Barbican à Londres, le festival International d’Edinburgh, le festival de Sydney, l’ensemble So Percussion, le New York City Ballet, et beaucoup d’autres.
Il a travaillé avec des artistes comme Philip Glass, Steve Reich, Johnny Greenwood, Richard Reed Parry (Arcade Fire), Marcel Dzama, Ragnar Kjartansson, Justin Peck, Hiroshi Sugimoto ou Matthew Ritchie. Bryce Dessner a été invité, avec Ryuichi Sakamoto et Alva Noto, à composer la musique du film de Alejandro Iñárritu, The Revenant.
Né en 1976 à Cincinnati, Bryce Dessner a étudié très jeune la flûte, puis la guitare classique à l’adolescence. Il a obtenu ses diplômes à l’Université de Yale où il a formé l’ensemble instrumental Clogs, quatuor virtuose qui a sorti 5 albums, et en 2001, il a co-fondé le célèbre groupe de rock indé The National avec son frère jumeau Aaron Dessner. Il co-dirige aussi le label Brassland et assure la direction artistique de MusicNOW, festival de musique contemporaine basée à Cincinnati créé en 2006. Il est régulièrement sollicité pour programmer des événements en tant que commissaire invité, comme ce fut le cas pour un grand-week consacré à la musique américaine au Barbican ou pour l’Opéra de Cork.


Programme
Garcia Counterpoint par Bryce Dessner (guitare)
Ornament and Crime par Yuki Numata Resnick (violon)
Delphica par Nadia Sirota (alto), Hélène Checco ( violon ) et François Girard ( violoncelle )
Little Blue Something par Nadia Sirrota ( alto ), Hélène Checco ( violon ) et François Girard ( violoncelle )Yuki Numata (violon )
Little Blue Nothing, improvisation par Irena et Vojta Havlovi
entracte
Music for Wood and Strings par l’ensemble Sō Percussion


Entretien avec Bryce Dessner

En quoi va consister votre association avec le lieu unique ?
Je vais présenter plusieurs concerts, notamment des pièces de musique de chambre et quelques-unes pour orchestre et voix. Nous donnerons également en 2017-2018 une série de pièces que le compositeur Steve Reich m’a commandées pour les célébrations de son 80e anniversaire au Carnegie Hall. Je présenterai aussi l’année prochaine plusieurs œuvres avec l’Orchestre national des Pays de la Loire, ce qui m’honore. Il y aura aussi des ateliers avec des étudiants en musique de la région.

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Comment avez-vous choisi les pièces présentées lors de la soirée du 21 octobre ?
Ce sont des compositions récentes, dont Music for Wood and Strings, que j’ai écrite pour le quatuor new-yorkais So Percussion. Elle m’a été inspirée à la fois par la musique électronique et le bluegrass. J’ai conçu pour elle un nouvel instrument, le « chordstick », inspiré par le hammered dulcimer.
C’est un instrument à huit cordes, accordé pour deux harmonies ouvertes, et qui est joué par les percussionnistes avec des maillets, crayons et archets.

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Quelles sont vos principales influences ?
En musique classique, les compositeurs qui m’ont le plus influencé sont Béla Bartók, Stravinsky et des figures plus contemporaines comme Lutoslawski et Ligeti. Chacun d’entre eux menait un travail très expérimental en développant constamment un style qui lui était singulier mais aussi profondément inspiré par la musique folk. J’ai eu la chance d’enregistrer et de tourner avec Steve Reich et Philip Glass, qui ont joué un rôle direct dans ma vie. Mais je suis tout autant influencé par le travail plus expérimental de compositeurs comme Luciano Berio et John Cage, sans oublier les figures transitionnelles comme John Cale du Velvet Underground ou des artistes « idiosyncratiques » comme les compositeurs américains Moondog et George Crumb. J’ai également la chance d’avoir des amis proches, de ma génération, qui seraient d’accord pour dire que nous nous sommes tous influencés les uns les autres d’une manière ou d’une autre, des artistes comme Sufjan Stevens, Nico Muhly, Caroline Shaw et Justin Vernon.

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Quels liens établissez-vous entre votre travail au sein de The National et celui de compositeur ?
Je suis un seul et même musicien, que ce soit avec le groupe ou dans la composition de musique de chambre. La différence, c’est que The National est un travail collectif et que notre attention principale se porte sur le format chanson, tandis que j’aborde mes autres travaux de façon plus large, avec un accès à une palette plus importante d’instruments et de possibilités. Je pense que la chanson est la forme la plus essentielle en musique et qu’écrire une bonne chanson est aussi difficile que d’écrire une pièce orchestrale de vingt minutes. Cela requiert simplement une perception et un développement différents. Et je trouve qu’exister dans ces deux mondes, comme je l’ai toujours fait, rend ma vie bien plus riche.


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