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“...mine de plomb, aquarelle, tempera, au travail Yann Thoreau fait preuve d’une très grande maîtrise technique. Ce qui compte chez lui ne réside pourtant pas dans la prouesse d’un savoir-faire mais dans la corrélation la plus juste possible entre motivation et motif, entre la mise en jeu d’une pratique et l’objectif à atteindre.” Extrait de “Yann Thoreau, éloge de l’incarnation”, de Philippe Piguet.
Yann Thoreau est un artiste discret, à l’image de ses œuvres d’une extrême finesse. Après les Beaux-Arts d’Angers, il a passé 10 ans à travailler dans un atelier à la campagne, avant d’occuper des résidences à Flers (Normandie), à la Casa Velasquez à Madrid pendant deux ans, puis d’intégrer le silo du lieu unique pour 6 mois. Jusqu’au 27 septembre, il ouvre les portes de son atelier…
Comment t’est venue cette passion du dessin ?
J’ai toujours beaucoup dessiné. Au lycée, j’ai naturellement suivi ce qu’on appelait la filière A3 à l’époque, avant de faire les Beaux-Arts d’Angers.
Que t’a apporté la résidence dans l’Atelier du Silo en regard de tes résidences précédentes ?
Les résidences, on les appréhende de manière différente à chaque fois. À Flers, la résidence imposait de travailler sur l’urbanisme. En Espagne, j’ai pu vivre et travailler au rythme d’un pays et d’une culture qui m’étaient inconnus. À Nantes, j’ai essayé les grands formats. Pour la première fois, j’ai pu travailler au fusain. Je voulais prendre le contre-pied de mon travail antérieur. Et j’avais envie d’aller vers le noir, le clair-obscur. Ce sont les dessins qui sont actuellement en préparation.
Un des intérêts d’une résidence est de pouvoir tenter des choses auxquelles on ne s’est jamais confronté.
Sans contrainte ?
En fait, j’aime bien l’idée de la contrainte pour travailler parfois. D’ailleurs même quand on n’en a pas on s’en crée ! Il y a cette phrase de François Truffaut que j’aime bien : « On se forge des lois qui sont absurdes si on les formulait, on n’ose même pas les formuler, d’ailleurs on se les formule à soi-même… On les observe. Ces lois sont complètement folles mais le fait de les observer nous aide à passer à l’exercice suivant. »
Qu’est-ce que le public va découvrir en entrant dans ton atelier ?
Des dessins en cours de réalisation, des recherches, des choses que je ne suis pas habitué à montrer : des carnets, des croquis… Des balbutiements, des pistes…
Et la suite ?
Cela m’a ouvert des perspectives. J’ai des idées, ça amorce d’autres travaux à venir. Je vais réinvestir mon atelier à Angers et j’ai beaucoup de choses en chantier.
Yann Thoreau présente son travail dans le Cabinet d’arts graphiques du musée des Beaux-Arts d’Angers
Jusqu’au 27 septembre / Renseignements : 02 41 05 38 00
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