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Du 20 au 25 mars, c’est une véritable Armada qui va mettre l’Atelier du Silo en état de siège. Le plasticien Evor expose à l’issue de ses six mois de résidence « S.M. » au lieu unique où il a engendré une œuvre onirique, foisonnante de créatures étranges, d’objets, de dessins entre sensualité et violence, entre fragilité et guêpier (guêpière…)... Explications.
Que vous ont apporté ces six mois de résidence au lieu unique ?
Cette résidence a été extrêmement stimulante et exaltante. Je me suis autorisé beaucoup plus de liberté. Le fait d’être accueilli ici, dans un espace qui m’est totalement dédié, m’a donné plus d’audace, d’autonomie, d’indépendance…
Pouvoir déployer tous mes objets pour les avoir à l’œil et en mémoire, comme une banque de données ou une banque d’images, m’a permis de rendre les connexions plus évidentes et de déjouer les ruptures. J’ai pu développer pleinement ma pratique personnelle. Je ressentais déjà tout ça, mais la résidence m’a permis de le formaliser. Les six mois sont passés très vite !
Ce large espace et cette lumière vous ont donc convenu…
J’adore l’espace du Silo, c’est très agréable. Le matin, quand je me réveille, j’ai envie de venir ici, c’est un plaisir. Ce sont de vraies bonnes conditions de résidence. Même si là (l’atelier d’Evor est un véritable capharnaüm, très organisé) c’est presque petit (rires). Tout mon matériel prend beaucoup de place.
Quelles sont les répercussions sur votre travail ?
Aujourd’hui j’assume totalement - je recherche même - le fait de produire des œuvres plus mystérieuses, ce qui élargit le champ d’interprétation. Je ne souhaite pas rationaliser le processus de création. Ce qui prime c’est l’instinct sensible. La création pour moi c’est une sorte d’envolée lyrique où les choses s’entrechoquent. Et si mon travail provoque des sensations je suis satisfait. La part de séduction est très importante, entre autres par le choix des matériaux. J’aime fantasmer. Mes objets sont toujours des amorces de scénario. Je travaille essentiellement sur un mode allusif, en déployant des indices. J’aime l’ambiguïté, ce qui ne se livre pas tout de suite, susciter une petite inquiétude. Ces notions d’attraction, répulsion, préciosité violente, fragilité sensuelle… parcourent mon travail en invoquant, entre autres, les figures animale et végétale.
Vous avez décidé d’intituler votre exposition Armada, pourquoi ?
Une armada est potentiellement dangereuse. J’ai réalisé cette exposition dans un esprit d’état de siège, comme un campement qui s’installe. Des dessins, tels des emblèmes ou des blasons, accompagnent l’exhibition sculpturale. Je ne cherche pas à exalter la violence, je recherche tout au plus une forme d’appréhension. J’aime détourner les références esthétiques, sans radicalité, ni dogmatisme. Je n’affirme rien, si ce n’est du caractère dans l’œuvre.
“Durant les six mois de ma résidence S.M., j'ai cherché à libérer des formes d'ivresse, en exaltant ou corsetant. Dans un esprit couture suggestif, j'ai songé à des courtisanes aguicheuses, des guerriers dandys arrogants, des artifices improbables et ambigus. Étendards totémiques, vanités sombres et mélancoliques, mélopées animales, modules aux allures de sextoys, tout est à double tranchant : de l'envie à l'écœurement, des chromes aiguisés aux cuirs lacés, de l'organique dompté aux géométries chaotiques... ARMADA est l'occasion de présenter une partie des oeuvres réalisées lors de cette résidence.” Evor
“Ma démarche plastique se situe à la jonction de pratiques diverses telles que la peinture, le dessin, la sculpture. En les confrontant, entre autres à l’univers de la mode, du design et des sciences, il en résulte des hybridations qui peuvent se combiner, se déployer au travers d’installations proches d’un cabinet de curiosité contemporain. Les notions de désir, de cruauté, de sensualité et de mélancolie nourrissent cette réflexion, ce fantasme.” Evor
“Fonctionnant par analogies de sens, affinités formelles, hybridations poétiques et autres connexions mentales ou métaphoriques, Evor explore avec grâce et précision les arcanes complexes d’une mythologie à la fois high-tech, onirique et ironique. Ses dessins, comme ses sculptures jouent d’un raffinement à double sens, lisse et acéré, aussi beau que dangereux. L’oeuvre est histoire de désir, où attraction et répulsion semblent être les deux pôles inséparables d’un même magnétisme.” Christophe Cesbron
www.myspace.com/evorism
www.evor.fr
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